Ostium en latin est l'embouchure d'un fleuve, et c'est de là que vient le nom. Sauf que le lieu n'est plus où il était : le site se tenait sur la côte et se trouve aujourd'hui à quatre kilomètres dans les terres. La tradition transmise par les auteurs romains dit qu'une ville fut fondée ici par le roi Ancus Marcius en 620 avant Jésus-Christ : Ennius raconte qu'elle fut fortifiée et qu'on y créa un port, Tite-Live lie la fondation à l'arrivée de la domination romaine jusqu'à la mer et aux salines, Cicéron parle d'une colonie. De cet établissement, pourtant, on n'a trouvé à cet endroit aucune trace, et l'on a supposé qu'il s'élevait ailleurs. La ville que l'on parcourt naquit comme camp fortifié au quatrième siècle avant Jésus-Christ, et même sur cette date les savants ne s'accordent pas.
À voir
Le camp fut planté là où se croisaient deux routes : un très ancien chemin le long de la côte et celui qui, des salines de l'embouchure, remontait la rive gauche du Tibre vers l'intérieur ; le tronçon entre Rome et la mer devint la via Ostiense. Le sel est la raison pour laquelle ce lieu existait, et les salines de l'embouchure étaient peut-être déjà exploitées à l'âge du bronze. Au centre de l'ancien camp, là où le cardo croise le decumanus, s'ouvre la place du Forum, étroite et allongée entre ses portiques, avec le Capitole à un bout et le temple de Rome et Auguste à l'autre ; un peu plus loin se tiennent les thermes du Forum, le théâtre avec la place des Corporations, la caserne des Vigiles et les thermes de Neptune.
La visite
Puis la ville se dépeupla, et l'histoire continua autour des ruines. À la fin du quinzième siècle le cardinal Giuliano della Rovere, le futur Jules II, fit construire par Baccio Pontelli le château qui surveillait l'accès à Rome par le fleuve ; en 1557 une grande inondation dévia le cours du Tibre et le château perdit son objet. Restèrent les marécages et la malaria : Antonio Nibby, qui passa par ici au dix-neuvième siècle, raconte qu'en été les habitants étaient une dizaine et en hiver une centaine, et que l'on vivait de buffles et de sel.
Le conseil de la rédaction
Regardez les maisons et les boutiques, et pas seulement les temples : ici les habitations et les ateliers se sont conservés, et c'est pourquoi ce lieu raconte la vie quotidienne antique mieux que presque aucun autre. Et sachez que l'on y a longtemps fouillé pour vendre : à la fin du dix-septième siècle l'ambassadeur du Portugal auprès du Vatican en tira des statues, des bustes et des mosaïques de pavement qui finirent au Portugal, le prince Chigi en acheta pour orner ses villas, et d'autres trouvailles prirent le chemin des musées d'Europe, jusqu'à ce que Pie VII l'interdise. Pie IX décida l'inverse : laisser sur place, autant que possible, ce que l'on trouvait, et installa le premier musée dans l'ancien magasin du sel. La plus grande part de ce que l'on foule, cependant, est sortie en hâte entre 1938 et 1942, pour montrer le site à l'exposition universelle que Rome attendait cette année-là.
