C'est le tombeau de Caius Cestius Epulo, élevé entre 18 et 12 av. J.-C., quand l'Égypte n'était province romaine que depuis quelques années et que son goût somptueux gagnait Rome à son tour. Elle est faite de béton avec un parement de briques et un revêtement de plaques de marbre de Carrare, et elle est bien plus aiguë que les pyramides de Gizeh : la résistance du béton permettait un angle plus serré, et la forme élancée a gagné de la hauteur à quantité de matériau égale.
À voir
Sur le flanc oriental est écrit ce que ce monument a de plus surprenant. Cestius avait disposé par testament que ses héritiers lui élèvent le tombeau en 330 jours, sous peine de perdre le riche héritage, et l'inscription enregistre que l'ouvrage fut achevé dans ce délai ; il semble même qu'ils aient fini avec quelques jours d'avance. À l'intérieur il n'y a qu'une chambre funéraire, et son volume représente à peine plus d'un pour cent de l'ensemble : murs blancs avec des prêtresses et des amphores, quatre Victoires sur la voûte. Au fond, là où devait se trouver le portrait du défunt, il y a aujourd'hui un trou creusé par des chercheurs de trésors.
La visite
Si cette pyramide a encore son revêtement de marbre alors que tous les autres monuments antiques de Rome ont été dépouillés, c'est parce qu'au troisième siècle elle fut englobée dans le mur d'Aurélien dont elle devint un bastion : dès lors ce n'était plus un tombeau isolé à piller, c'était un morceau de fortification. À ses pieds, à partir du dix-huitième siècle, on commença à enterrer les étrangers non catholiques morts à Rome ; le cimetière fut officialisé en 1821 et on l'appelait cimetière des Anglais.
Le conseil de la rédaction
Tout le Moyen Âge la crut le tombeau de Rémus, la meta Remi, en couple avec une autre pyramide très semblable qui se dressait dans le Borgo et qu'on appelait meta Romuli, démolie au seizième siècle. Pétrarque lui-même s'y trompa et la désigne dans une lettre comme le sépulcre de Rémus. L'explication vint de Poggio Bracciolini, et elle vaut d'être citée : l'erreur naquit de ce que « le grand homme n'avait pas voulu découvrir l'inscription cachée par les arbustes ». Le nom du véritable propriétaire était là, gravé dans le marbre, sous les buissons.
