⛪ Églises et sanctuaires

basilica di San Siro

📍 Genova, Ligurie · 61/100

La légende veut que l'évêque Syr ait chassé un basilic du puits voisin de l'église : une plaque sur une maison des environs rappelle l'épisode, un bas-relief médiéval le raconte sous le portique et Giovanni Battista Carlone l'a peint à la voûte du chœur. Selon la tradition, la première cathédrale de Gênes se dressait ici dès le IVe siècle, dédiée aux Douze Apôtres puis à l'évêque Syr, qui y fut enterré. Le siège épiscopal passa à San Lorenzo au Xe siècle — l'érudit du XVIIIe siècle Francesco Maria Accinelli avance l'année 985 —, notamment parce que l'église restait hors des murs, exposée aux raids sarrasins.

À voir

De la basilique romane que les Bénédictins bâtirent après 1007, l'année où l'évêque Giovanni II érigea l'église en abbaye, il ne subsiste presque rien. Elle avait été solennellement consacrée le 9 août 1237 par l'archevêque Ottone II, en présence du patriarche de Jérusalem Géraud de Lausanne ; mais en 1580 un incendie détruisit toute l'aile méridionale, et les Théatins, arrivés depuis peu, décidèrent de tout refaire selon les principes de la Contre-Réforme. Le chantier courut de 1584 à 1619, année de la fermeture de la coupole ; la première messe solennelle avait pourtant déjà été célébrée en 1610.

À l'intérieur, ce sont les Carlone qui mènent la danse, sculpteurs et peintres tessinois. Taddeo signa les statues en stuc des apôtres dans les niches des bas-côtés ; Giovanni Battista peignit à fresque la nef centrale, la coupole et le chœur entre 1650 et 1670, le quadraturiste bolonais Paolo Brozzi lui dressant tout autour les architectures peintes : le miracle du basilic à la voûte du chœur, la Gloire de saint Syr dans le presbytère, Constantin adorant la croix, le martyre de saint Pierre. Le maître-autel, en marbre noir et bronze, est de Pierre Puget, à qui l'on attribue aussi le Crucifix. Gregorio De Ferrari, Domenico Fiasella et Domenico Piola travaillèrent aux voûtes des chapelles ; dans l'abside, une Pietà de Giacomo Carlone reprend celle de Michel-Ange.

La visite

On entre par la via San Siro, une ruelle derrière la via Cairoli, dans le quartier de la Maddalena : une dizaine de minutes à pied depuis la gare de Genova Principe, un peu plus depuis la piazza De Ferrari. L'entrée est libre et la basilique est confiée aux Oratoriens, avec messes quotidiennes. Le clocher roman a disparu : en 1904, il fut démoli parce que des fissures annonçaient son effondrement, et il n'a jamais été reconstruit. Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ont détruit deux chapelles du bas-côté gauche et l'autel de Notre-Dame de la Providence.

Le conseil de la rédaction

Nous conseillons de ne pas s'arrêter à l'église : depuis le bas-côté gauche on accède à la sacristie, qui conserve une collection de tableaux du Seicento génois digne d'un musée — l'Assomption peinte sur ardoise par Andrea Semino, la Cène d'Orazio De Ferrari, le Repos pendant la fuite en Égypte de Gregorio De Ferrari, le Christ au Calvaire de Bernardo Castello. Elle n'est pas toujours accessible : mieux vaut demander. Et avant de partir, nous cherchons sur les maisons alentour la plaque qui rappelle le basilic.

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