🌋 Nature et panoramas

Strade Nuove e complesso dei Palazzi dei Rolli di Genova

📍 Genova, Ligurie · 64/100

Dans la Gênes de la République, loger un roi n'était pas un honneur que l'on choisissait : il était tiré au sort. À partir de 1576, le Sénat fit dresser les rolli, les listes des logements publics, où les demeures privées les plus prestigieuses étaient répertoriées par taille et par capacité, puis réparties en urnes ; de ces urnes sortait la maison qui accueillerait le pape, l'empereur, un cardinal légat ou un ambassadeur. Le premier rollo comptait 52 édifices et, sur cinq listes, jusqu'en 1664, les palais inscrits au moins une fois atteignirent le nombre de 163. Le 13 juillet 2006, l'UNESCO en a inscrit quarante-deux au Patrimoine mondial, avec les Strade Nuove.

À voir

Les Strade Nuove sont les rues ouvertes par l'aristocratie quand la République était au sommet de sa puissance maritime et financière : via Garibaldi, née comme Strada Nuova ou Via Aurea, via Balbi, via Bensa et via Cairoli, la dernière venue, qui s'appelait Strada Nuovissima. Les palais comptent en général trois ou quatre étages et répètent un schéma reconnaissable : vestibule, cour, escalier d'honneur ouvert et jardin au fond, disposés en gradins parce que le terrain monte. À l'intérieur, malgré les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, subsistent les décors d'origine des grands peintres du maniérisme et du baroque génois.

Trois maisons seulement pouvaient recevoir les plus hauts rangs, soit le pape, l'empereur, le roi et le cardinal légat : celle de Gio Batta D'Oria dans la salita Santa Caterina, le palais de Nicolò Grimaldi, aujourd'hui palazzo Tursi, et celui de Franco Lercari dans la Strada Nuova. Via Garibaldi, le Palazzo Rosso, le Palazzo Bianco et le Palazzo Doria Tursi forment aujourd'hui les Musei di Strada Nuova. En 1622, Peter Paul Rubens publia à Anvers son Palazzi di Genova, un recueil de planches avec façades, plans et coupes : pour le Flamand, c'était le modèle le plus élégant de résidence pour un gentilhomme européen.

La visite

Les rues se parcourent à pied et à toute heure : ce sont elles, avec leurs façades et leurs portails, la première partie du site UNESCO, et une plaque posée le 20 janvier 2007 à mi-parcours de la via Garibaldi en explique les raisons. Les intérieurs sont une autre affaire : beaucoup de palais abritent des bureaux, des banques et des services universitaires — la via Balbi est le siège de l'Université de Gênes — et n'ouvrent pas tous les jours. L'occasion, ce sont les Rolli Days, lancés en 2009 et répétés deux week-ends par an, en avril et en octobre, quand des dizaines de palais publics et privés se visitent avec des parcours guidés confiés aux étudiants, doctorants et chercheurs de l'université. Les éditions de 2015 ont dépassé 150 000 entrées.

Le conseil de la rédaction

Notre conseil est de regarder vers le fond, et pas seulement vers le haut : depuis la via Garibaldi, par les portes laissées ouvertes, on voit en enfilade le vestibule, la cour et l'escalier, souvent avec une fontaine ou un jardin tout au bout. C'est ainsi que les Génois faisaient paraître immense une maison bâtie sur une parcelle étroite et en pente. Si vous passez en avril ou en octobre, vérifiez les dates des Rolli Days avant de partir.

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