⛪ Églises et sanctuaires

basilica di Santa Maria Assunta

📍 Genova, Ligurie · 64/100

À Gênes, quand un travail n'en finit pas, on dit encore « a l'è comme a fabrica de Caignan », c'est comme le chantier de Carignano. La comparaison est méritée : Bandinello Sauli laissa l'argent de l'église dans son testament de 1481, déposé à la Banque de San Giorgio, mais ses héritiers ne confièrent la commande à Galeazzo Alessi qu'en 1549, et la première pierre fut posée en 1552. En 1564 on y célébrait déjà, pourtant la coupole ne fut fermée qu'en 1603, trente ans après la mort de l'architecte. Les travaux se poursuivirent jusqu'au XIXe siècle, avec la façade redessinée par Carlo Barabino et les escaliers d'accès qu'Alessi avait déjà prévus.

À voir

Le plan est en croix grecque, la coupole centrale posée sur un haut tambour à serliennes et quatre coupolettes aux angles : rien de tel n'existait à Gênes, et le modèle est le projet de Giuliano da Sangallo pour Saint-Pierre. Les quatre élévations sont identiques, chacune avec fronton et entrée propre sauf celle de l'arrière ; des quatre clochers dessinés par Alessi, deux ont été bâtis, de part et d'autre de la façade principale. L'intérieur est clair et presque nu : murs blancs sans fresques, pilastres à chapiteaux de feuillage, plafonds à caissons jusque dans les voûtes.

La sculpture, à elle seule, paie la montée. Dans les niches des quatre piliers de la coupole se tiennent le saint Alexandre Sauli et le saint Sébastien (1668) de Pierre Puget, le saint Jean-Baptiste de Filippo Parodi et le saint Barthélemy signé par Claude David en 1695 ; le long des murs, les apôtres et docteurs de l'Église sculptés en 1740 par Diego Carlone sur des dessins de Francesco Maria Schiaffino. Le maître-autel de marbre et de bronze est de Massimiliano Soldani (1700), avec un crucifix fondu par Pietro Tacca. Parmi les tableaux, un saint François recevant les stigmates du Guerchin, une Pietà de Luca Cambiaso et le Martyre de saint Blaise de Carlo Maratta ; plusieurs Sauli sont enterrés ici, dont le doge Lorenzo, assassiné en 1601.

La visite

La basilique occupe le sommet de la colline de Carignano et se voit de la moitié de la ville. À pied depuis la vieille ville, on y monte par le pont de Carignano, construit entre 1718 et 1724 aux frais de Domenico Sauli sur un dessin de Gerard De Langlad, précisément pour donner à l'église un accès digne : il franchit le vallon du Rivo Torbido et relie la colline de Sarzano à celle de Carignano. La paroisse est active, les horaires suivent donc les offices ; le parvis sur la place, lui, reste toujours ouvert. C'est là qu'en janvier 1999 une foule s'est rassemblée pour les obsèques de Fabrizio De André.

Le conseil de la rédaction

Nous montons par le pont en gardant la basilique à droite jusqu'à la place, pour voir le flanc avant la façade. À l'intérieur, notre conseil est de tourner autour des quatre piliers de la coupole en regardant les statues de près, puis de loin : le saint Sébastien de Puget change du tout au tout selon la distance. Dehors, le parvis mérite une pause à lui seul, pour la vue sur les toits et sur le port.

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