À droite de la façade baroque sont scellés deux anneaux de fer : ils proviennent de la chaîne qui fermait le port de Pise, et c'est un homme du pays, Trancheo Stanco, qui les rapporta à Moneglia en 1284 au retour de la Meloria, la bataille navale où la flotte génoise l'emporta sur celle de Pise. Un trophée de guerre fixé au mur d'une église paroissiale dit à lui seul ce que ce bout de littoral pesait dans la partie que se jouaient les deux républiques.
À voir
L'église actuelle, à nef unique, fut bâtie en 1725 sur les restes de la précédente, effondrée pour des raisons que personne n'a jamais élucidées. La communauté, elle, est bien plus ancienne : selon certains chercheurs la paroisse existait déjà en 1033 et devint pieve en 1043, avec un collège de chanoines ; d'autres sources font remonter la première construction à 1130.
À l'intérieur, le troisième autel de droite abrite une statue de l'Immaculée Conception attribuée à Anton Maria Maragliano ; le quatrième autel de gauche réunit un crucifix byzantin et une toile de la Madone des Grâces. La sacristie conserve une Cène de Luca Cambiaso, qui était d'ici : sa maison natale se trouve à quelques pas de l'église.
La visite
Santa Croce donne sur la via Vittorio Emanuele, la rue qui traverse le centre de Moneglia. C'est une paroisse en activité, du vicariat de Sestri Levante, diocèse de Chiavari : l'ouverture suit donc les horaires des offices, et en dehors de ceux-ci la porte peut fort bien être close, mieux vaut en tenir compte.
Le conseil de la rédaction
Nous conseillons de ne pas entrer tout de suite. Restons quelques minutes à droite de la façade, à hauteur des anneaux, et tenons ensemble les deux âges que l'édifice aligne : un trophée du XIIIe siècle et un intérieur du XVIIIe, séparés de près de cinq cents ans et accrochés au même mur. Faisons ensuite les quelques pas jusqu'à la maison natale de Cambiaso : savoir que le peintre est né dans ce pâté de maisons change la façon de regarder sa toile dans la sacristie.
