La chute ne s'annonce pas. Le sentier remonte le torrent Danè à travers le bois, la vallée se resserre et, à un moment, une paroi de rocher barre le passage : la cascade sort d'une fissure, six ou sept mètres d'eau qui tombent dans une vasque. Nous sommes au-dessus de Quiliano, dans l'arrière-pays de Savone, sur le territoire du hameau de Montagna. Le nom vient d'une légende que tout le monde connaît ici : Usanna, une jeune fille de Viarasca — l'ancien nom de Montagna — monta sur un rocher sous le moulin de la Danea pour revoir son Pellegrino, emmené enchaîné au château de Pomo parce qu'il avait refusé de payer les gabelles au châtelain ; elle se pencha trop et tomba, mais un jet d'eau jaillit de la roche, forma un lac et la sauva.
À voir
La cascade est le dernier acte : on débouche dans une clairière et elle est là, avec sa vasque en dessous, au seul endroit où le bois s'ouvre. Le saut fait six ou sept mètres et, au printemps, cela n'a rien à voir avec la fin du mois d'août.
Le reste se voit en marchant. Le Danè descend de la vallée de Montagna et le sentier le traverse plusieurs fois, d'une rive à l'autre, entre petits ressauts et vasques : ce sont ces vasques qui font monter les gens du coin les jours de chaleur. Deux ponts subsistent, le Ponte della Ratta, en pierre et abandonné depuis longtemps, et un peu plus loin le Ponte della Faia, où un sentier part à droite vers le hameau de Montagna. La dernière portion reste sur la rive gauche.
La visite
Le départ est au hameau des Mulini : 2,8 km de sentier et 120 mètres de dénivelé au total, une heure de marche ou guère plus à allure normale. Ni billet ni barrière, c'est un chemin public et on y va quand on veut. Les gués sont en revanche nombreux et les pierres mouillées glissent : il faut des chaussures à semelle sérieuse, pas des sandales de plage. Après de fortes pluies, la dernière partie peut devenir pénible.
Le conseil de la rédaction
Nous conseillons le printemps, ou les jours qui suivent une pluie. Avec peu d'eau, la chute se réduit à un voile qui glisse sur le rocher et la vasque en dessous reste une flaque comme une autre : c'est toute la différence entre une belle sortie et une promenade en forêt. Et ne filez pas droit vers la cascade : arrêtez-vous aux vasques du parcours, plus basses, plus chaudes et presque toujours désertes. Si vous emportez un casse-croûte, la clairière devant le saut est le bon endroit, car c'est le seul espace dégagé de tout l'itinéraire.
