C'est la première église en forme de croix de l'Occident : saint Ambroise la fonda hors de Porta Romana, sur la voie à portiques qui accueillait ceux qui arrivaient de Rome, et la consacra aux apôtres, selon la date conventionnelle le neuf mai 386, en copiant le plan sur l'église des Saints-Apôtres de Constantinople, comme le dit l'inscription qu'il écrivit lui-même et qui est encore dans le chœur. Puis il y mit le corps de saint Nazaire, et Serena, la nièce de l'empereur Théodose, paya les marbres. Elle brûla en 1075 et fut refaite en roman ; en 1512 le maréchal Gian Giacomo Trivulzio se fit construire devant la façade, par Bramantino, un mausolée octogonal qui la cache encore, si bien que du dehors on voit le tombeau et non l'église. Le vingtième siècle a ôté le baroque et le néoclassique et a retrouvé dessous les murs d'Ambroise.
À voir
Le mausolée Trivulzio, avant tout, qui est l'entrée : un octogone de pierre sévère, nu, avec les niches et les sarcophages des Trivulzio suspendus en hauteur, et l'épitaphe du maréchal qui vaut une vie, celui qui jamais ne reposa repose, tais-toi. Passé l'octogone on entre dans la croix, avec les quatre bras égaux et hauts, les murs du quatrième siècle laissés à nu par la restauration, la tour-lanterne octogonale romane sur la croisée et l'autel remis au centre, où Ambroise l'avait voulu, avec dessous les reliques des apôtres.
Dans le bras droit la Crucifixion de Bonino da Campione, un relief du quatorzième siècle avec le Christ mort entre Marie et Jean à genoux, et la Cène de Bernardino Lanino ; du bras gauche on passe dans la chapelle de Sainte-Catherine, d'Antonio da Lonate, avec le grand arc peint à fresque du Martyre de la sainte, de Lanino et Giovan Battista della Cerva, la roue et les bourreaux en costume du seizième siècle. Dans l'abside le corps de saint Nazaire, que saint Charles retrouva et transféra ; derrière l'abside, dehors, quatre colonnes de la voie à portiques romaine redressées, et dedans le seul chapiteau survivant. Le reliquaire d'argent ciselé des apôtres est au Musée diocésain.
La visite
La basilique est piazza San Nazaro in Brolo, sur le corso di Porta Romana, à dix minutes du Dôme, en face de l'Université d'État, métro Missori ou Crocetta ; entrée libre aux horaires d'église avec fermeture à midi. Une demi-heure, avec le mausolée. Les fouilles archéologiques sous l'église se voient en des occasions particulières.
Le conseil de la rédaction
Arrêtez-vous dans le mausolée et lisez l'épitaphe de Trivulzio à voix haute, en latin, avant d'entrer dans l'église : c'est la plus belle phrase qu'un soldat se soit fait écrire sur sa tombe. Puis, dedans, allez dans le bras droit et cherchez sur les murs les briques minces du quatrième siècle : c'est le mur qu'Ambroise a vu, et l'Université d'en face passe devant chaque jour sans le savoir.
