Ambroise la construisit entre 379 et 386 hors des murs, sur le cimetière des martyrs, et l'appela basilica martyrum ; puis il s'y fit enterrer, en 397, et depuis l'église porte son nom. C'est la deuxième église de Milan après le Duomo, mais pour les Milanais c'est la première : ici on couronnait les rois d'Italie avec la couronne de fer, d'Otton Ier en 961 jusqu'aux suivants, et ici le 4 août 1258 nobles et peuple signèrent la paix qui mit fin aux guerres civiles de la Commune. Ce que vous voyez est la reconstruction romane commencée en 1088, qui reprend exactement le plan d'Ambroise.
À voir
On entre par l'atrium, la cour à colonnes où attendaient autrefois les catéchumènes et qui encadre aujourd'hui la façade à pignon avec ses deux loggias. Les deux tours sont différentes parce qu'elles servaient deux communautés en conflit : celle des Moines, à droite, est du neuvième siècle et ressemble à une tour de défense ; celle des Chanoines, à gauche, fut élevée au douzième, et les chanoines ne purent sonner les cloches tant qu'elle ne fut pas achevée. À l'intérieur, la nef basse et sombre avec ses tribunes est du roman lombard à l'état pur.
Le trésor est sous le ciborium, sur les quatre colonnes de porphyre rouge : l'autel d'or de Vuolvino, réalisé pour l'archevêque Angilbert entre 824 et 859, or et argent repoussés, émaux et gemmes sur les quatre côtés, le chef-d'œuvre de l'orfèvrerie carolingienne. Dans le cul-de-four de l'abside, la mosaïque du Christ en trône entre Gervais et Protais ; dans la crypte, les corps d'Ambroise et des deux martyrs dans une urne de cristal. La chaire repose sur le sarcophage romain dit de Stilicon, et depuis la nef droite on entre dans la chapelle de San Vittore in Ciel d'Oro, du cinquième siècle, avec sa coupole dorée et le plus ancien portrait d'Ambroise qui existe.
La visite
La basilique est ouverte tous les jours en entrée libre, avec des horaires qui s'interrompent en milieu de journée ; la chapelle de San Vittore et le trésor ont un billet à part. Elle se trouve piazza Sant'Ambrogio, à côté de l'Université catholique qui occupe les cloîtres de Bramante, à quelques minutes à pied de Cadorna et du Château. Le 7 décembre, fête de saint Ambroise, Milan s'arrête : c'est le jour de la foire des Oh bej! Oh bej! et de la première de la Scala.
Le conseil de la rédaction
Passez derrière l'autel d'or : sur la face arrière, celle que les fidèles ne voient pas, Vuolvino a signé l'œuvre et représenté la vie d'Ambroise, avec la petite porte qui s'ouvrait sur les reliques. Les bombes d'août 1943 détruisirent l'abside et les cloîtres : la mosaïque que vous voyez est en partie recomposée, et cela vaut la peine de le savoir.
