Brera est un quartier, une académie, une pinacothèque, une bibliothèque, un jardin botanique et un observatoire, et tout tient dans ce palais : un collège des jésuites en brique rouge, commencé au dix-septième siècle sur un dessin de Francesco Maria Richini à la place du couvent médiéval des humiliés, et transformé par les Autrichiens, quand en 1773 les jésuites furent supprimés, en Palais des sciences et des arts de Marie-Thérèse. Elle y mit la bibliothèque, le jardin et en 1776 l'Académie des beaux-arts ; Napoléon y ajouta en 1806 la pinacothèque, remplie des tableaux enlevés aux églises de la moitié de l'Italie, et Canova le plaça dans la cour, nu en Mars pacificateur. Depuis, Milan étudie, peint, lit et regarde les étoiles dans le même îlot.
À voir
La cour d'honneur, avant tout, que l'on traverse gratuitement : deux étages de loggia à serliennes, dorique en bas et ionique en haut, et au milieu le bronze de Napoléon en Mars, sceptre et Victoire en main, que les Milanais regardent depuis deux siècles sans affection. Autour, les monuments aux savants et aux artistes, Parini qui enseigna et mourut ici, Beccaria, Cavalieri. Par l'escalier on monte à la Pinacothèque, avec le Christ mort de Mantegna, le Mariage de la Vierge de Raphaël, le retable de Piero della Francesca, le Baiser de Hayez, et les salles napoléoniennes aménagées dans la nef de l'église des humiliés coupée en deux.
Mais le palais est plus que la pinacothèque : la Bibliothèque Braidense avec la salle de lecture de Marie-Thérèse, de bois et de livres jusqu'au plafond, où l'on entre voir en silence ; le Jardin botanique derrière, avec les deux ginkgos plantés au dix-huitième siècle, parmi les plus vieux d'Europe, les bassins elliptiques et l'herbe haute entre les immeubles ; la coupole de l'Observatoire fondé par Boscovich en 1764, avec le musée des instruments et les visites du soir au télescope ; et les couloirs de l'Académie, avec les étudiants qui peignent sous les moulages antiques et les portes des ateliers ouvertes.
La visite
Le palais est via Brera, à dix minutes du Dôme, métro Lanza ou Montenapoleone ; la cour, le jardin botanique et l'entrée de la Braidense sont libres, la Pinacothèque a son billet et ferme le lundi, l'Observatoire se visite sur réservation. La cour et le jardin en une demi-heure ; la Pinacothèque mérite deux heures à elle seule ; le jardin ferme les week-ends d'hiver et a ses horaires, à vérifier.
Le conseil de la rédaction
Entrez par le portail, traversez la cour et, au lieu de monter à la Pinacothèque, allez tout droit au fond, passez l'Académie et sortez dans le Jardin botanique : asseyez-vous sous les ginkgos, là où le bruit de la via Brera n'arrive pas, et lisez dix pages. C'est l'endroit le plus silencieux du centre de Milan et il ne coûte rien. La Pinacothèque, faites-la après, avec calme, les tableaux attendent.
