Une dalle placée sur le portail d'entrée donne la date exacte de la consécration : le 30 juillet 1319. Une telle précision est rare pour une église médiévale du Molise, et elle sert de clé de lecture, car le chantier ne s'est pas arrêté là. Les écarts de style que l'on remarque à l'intérieur, d'une travée à l'autre, viennent des changements de direction des travaux entre la fin du XIIIe siècle et les premières décennies du XIVe, plusieurs ateliers s'étant succédé.
La dédicace est double, à Sainte-Marie de l'Assomption et à saint Pardus, patron de la ville. Son culte est plus ancien que l'édifice : en 1081, un acte de donation d'un certain Luffrido, prêtre de Larino, mentionne déjà une église à son nom, alors hors de l'agglomération. En 1928, le pape Pie XI éleva la cathédrale au rang de basilique mineure ; elle est aujourd'hui co-cathédrale du diocèse de Termoli-Larino.
À voir
Sur les murs et les piliers subsistent les fresques du XIVe siècle aux figures de saints et, à gauche de l'entrée, à l'intérieur, une Annonciation ajoutée en 1537. Le clocher est du XVIe siècle, mais son soubassement est plus ancien : il fut bâti en 1451 par maître Giovanni di Casalbore, venu d'Avellino. Du XVIe siècle datent aussi de nombreux autels, commandés par des particuliers dans une saison de forte activité artistique ; les reliques de saint Pardus avaient été installées dans un autel du bas-côté droit au siècle précédent.
La visite
Ce que l'on voit aujourd'hui résulte de deux revirements opposés. À l'âge baroque, le sol fut rehaussé, deux fenêtres furent ouvertes de part et d'autre du portail, la charpente apparente céda la place à un plafond à caissons et le chœur fut surélevé, avec un autel et une cathèdre en marbres polychromes exécutés par des artisans napolitains. Puis, au XIXe siècle, l'évêque Francesco Giampaolo prit le chemin inverse : il redécouvrit le Moyen Âge, remplaça les fenêtres par des formes en arc brisé, allongea les bas-côtés vers le chœur, fit décorer arcades et chapiteaux à la manière du XIVe siècle et confia à Ludovico Palladino les peintures néogothiques du plafond. Entre les deux, le XVIIe siècle avait été un temps de pauvreté : la peste de 1656 mit la ville à genoux, et la statue de saint Pardus commandée alors par l'évêque Catalani a depuis été dérobée. Le clocher visible est une reconstruction : la foudre l'avait détruit en 1943.
