Une fissure de six mètres traverse la façade gauche du château : c'est le séisme de 1627 qui l'a ouverte, on l'a ensuite murée, elle se lit encore. Cette secousse, qui frappa surtout la région du Gargano, ne provoqua à Termoli que de légers effondrements, mais elle souleva la côte rocheuse, et le décalage reste visible au milieu du front occidental. C'est la marque la plus nette d'une histoire faite de séismes, de razzias et de raccommodages, que le château porte à découvert.
Le noyau est plus ancien que le nom. Au centre se dresse une tour normande de plan carré, entièrement en briques et couverte d'une voûte en berceau ; autour, la structure en tronc de pyramide avec quatre tours d'angle en encorbellement est l'œuvre voulue par Frédéric II de Souabe, datée de 1247 par une plaque retrouvée dans l'une de ces tours. Plus tôt encore, en 1239, l'empereur autorisait les habitants de Termoli à tenir un marché hebdomadaire entre les murs du vieux castrum.
À voir
L'étage inférieur servait d'entrepôt et de réserve : quatre grandes salles rectangulaires voûtées en berceau, disposées autour du bloc normand. Au premier étage s'ouvre le Corridoio degli arcieri, le couloir des archers, où les meurtrières permettaient aux archers et aux arbalétriers de tirer vers le bas ; de là partent les tours d'angle et l'unique accès d'origine, au nord-est, où subsistent les corbeaux qui guidaient cordes et treuils du pont-levis vers Montecastello.
Sur la terrasse, les corbeaux de pierre saillent toujours : ils portaient les plates-formes de bois servant au tir plongeant, et ne sont devenus support décoratif d'un couronnement de merlons que bien plus tard. Dans la citerne inférieure, du temps où elle servait de prison bourbonienne, quelqu'un a laissé des dessins au fusain que les restaurations ont remis au jour.
Le conseil de la rédaction
Regardez le château du côté de la mer, là où il monte le plus haut : c'était un poste de guet sur l'Adriatique, et sa géométrie ne s'explique que de ce point de vue. Le 2 août 1566, c'est de cette même mer qu'arriva la flotte de Piyali Pacha, qui mit la ville à feu et à sang. Depuis 1885, le château est monument national.
