C'est la plus grande église de Turin, presque soixante-dix mètres de long, et presque personne ne s'en aperçoit : elle n'a pas de place devant elle, elle est coincée au croisement de deux rues du centre et l'on ne peut pas reculer assez pour la voir entière. Les pères oratoriens arrivèrent en ville au milieu du dix-septième siècle et changèrent de siège pendant trente ans avant d'obtenir un terrain.
À voir
Le terrain leur fut laissé par testament par le duc Charles-Emmanuel II, en 1675, dans une zone alors en marge de l'agrandissement urbain et aujourd'hui au cœur de la ville, à côté du collège des nobles devenu musée égyptien et du palazzo Carignano. La construction commença aussitôt, mais se poursuivit avec des interruptions pendant plus de deux siècles.
En 1714 la voûte s'écroula, et pour relever l'édifice on appela Filippo Juvarra, qui redessina l'intérieur : une nef unique énorme, avec les chapelles latérales et la lumière qui descend d'en haut. Le pronaos à colonnes devant la façade est du dix-neuvième siècle, ajouté quand on décida enfin de clore le chantier.
La visite
L'église est via Maria Vittoria, à cinq minutes de la piazza Castello et du musée égyptien ; entrée libre, horaires liés aux offices et fermetures possibles en début d'après-midi. Une demi-heure.
Le conseil de la rédaction
Essayez de la photographier du dehors : vous n'y arriverez pas. La rue est étroite et la façade trop grande, et cela dit tout de la manière dont Turin a grandi autour de ses édifices plutôt que devant eux. Entrez ensuite : la différence entre ce qu'on voit dehors et ce qu'il y a dedans est la meilleure surprise du centre.
