Pendant un temps on l'appela l'église des Servantes. La messe du dimanche se tenait en début d'après-midi et rassemblait la domesticité des palais alentour : le dimanche, ces gens avaient une demi-journée de liberté et devaient rentrer avant quatre heures. La place la plus aristocratique de Turin, et son église empruntée par ceux qui travaillaient dans les maisons.
À voir
L'église fut voulue en 1639 par la régente Christine de France en mémoire de son fils aîné, mort enfant peu avant. Les travaux furent commencés par Carlo di Castellamonte, mort un an plus tard, et poursuivis par son fils Amedeo ; puis le chantier s'arrêta et l'édifice resta sans façade pendant des décennies. La façade arriva près de quatre-vingts ans après la fondation : c'est la première œuvre turinoise de Filippo Juvarra, deux ordres superposés, une partie centrale qui s'incurve, des colonnes serrées et des statues de saintes et de vertus.
Dedans, une nef unique, la voûte en berceau peinte à fresque : neuf compartiments racontent le martyre de sainte Christine de Bolsena. Derrière l'autel se tient un orgue du dix-huitième siècle bâti par un facteur napolitain. L'église a eu une vie mouvementée : lors des sécularisations napoléoniennes, en 1802, elle fut transformée en Bourse de commerce et le couvent voisin supprimé ; elle redevint église avec la Restauration, et dans les années du percement de la via Roma elle perdit le couvent et presque toute son abside.
La visite
L'église est piazza San Carlo, du côté sud, à côté de sa jumelle San Carlo. Elle est ouverte au culte et a ses propres horaires, les offices ayant la priorité. Vingt minutes.
Le conseil de la rédaction
Regardez la façade, puis faites le tour et allez voir l'arrière, piazza C.L.N. Devant, le baroque de Juvarra ; derrière, l'architecture des années trente, avec une statue-fontaine adossée au mur de l'église. Ce sont le visage et le dos du même édifice, et trois siècles les séparent. Peu de constructions racontent ainsi un changement d'époque, en restant simplement immobiles.
