Turin a inventé l'automobile italienne et en 1933 a décidé de la mettre dans un musée, quand les voitures avaient trente ans et que les pionniers étaient encore vivants : Carlo Biscaretti di Ruffia, fils de l'un des fondateurs de Fiat, rassembla les premières voitures et passa vingt ans à chercher une maison. Il la trouva sur le Pô, dans le palais d'Amedeo Albertini ouvert en 1960, une façade de pierre convexe suspendue sur une paroi de verre, l'un des rares édifices en Italie nés pour être musée ; et en 2011, pour les cent cinquante ans de l'Italie, le musée a été refait de fond en comble avec une scénographie qui ne met pas les voitures en file mais les fait jouer. Presque deux cents voitures de quatre-vingts marques, et l'un des musées de l'automobile les plus visités d'Europe.
À voir
On commence par le haut, avec l'histoire : la Bernardi à trois roues et la première Fiat, la trois chevaux et demi, qui est la première voiture sortie de l'usine ; la Benz Victoria et la Peugeot du dix-neuvième siècle ; l'Itala qui gagna le Pékin-Paris de 1907, seize mille kilomètres à travers le Gobi et la Sibérie, avec le prince Borghese au volant ; la Ford T ; la Rolls-Royce Silver Ghost ; l'Isotta Fraschini Tipo 8A qui a joué dans Boulevard du crépuscule avec Gloria Swanson. Chaque salle est un décor : une rue de Paris, un garage, une piste.
Puis l'étage des courses, avec les Ferrari et les Alfa Romeo de Grand Prix exposées sur un virage relevé, et celui du design et du monde d'aujourd'hui, avec la Fiat Cinquecento et la nouvelle Cinquecento, les Lancia, les carrossiers turinois, Pininfarina, Bertone, Giugiaro, et les sections sur le moteur, la publicité, la ville de l'automobile. Au sous-sol, le centre de documentation, avec des dizaines de milliers de photographies et les dessins des carrosseries, et la bibliothèque avec sept mille livres introuvables. Des fenêtres, le Pô et la colline.
La visite
Le musée est corso Unità d'Italia, dans le quartier du Lingotto, à dix minutes à pied du Lingotto et de la station de métro, ou en tram et en bus depuis le centre ; billet propre, compris dans la Torino card, ouvert tous les jours avec horaire réduit le lundi, à vérifier. Deux heures, trois avec des enfants, qui ici ne s'ennuient pas. Le restaurant et la boutique sont à l'entrée, et le parking devant.
Le conseil de la rédaction
Arrêtez-vous devant l'Itala du Pékin-Paris et regardez les roues de bois : elles ont fait seize mille kilomètres sur des routes qui n'existaient pas, et puis la voiture est rentrée à Turin toute seule. Ensuite, allez au Lingotto à pied et montez sur la piste d'essai sur le toit de l'usine, où les Fiat étaient testées : c'est l'endroit où ce musée est né, sans le savoir.
