Selon la tradition hagiographique, la basilique San Giulio est la centième et dernière église fondée vers 390 par saint Jules, arrivé sur l'île du lac d'Orta en naviguant sur son propre manteau pour chasser les dragons du paganisme. L'édifice actuel, qui remonte au XIIe siècle et suit le roman lombard sur le modèle de l'ancienne cathédrale de Novare, s'élève sur une stratification archéologique commencée avec une chapelle primitive des Ve-VIe siècles et poursuivie après la destruction survenue lors du siège d'Otton Ier en 962.
À voir
L'extérieur garde son plan roman, doublé de modifications du XVIIe siècle comme le pronaos surmonté d'une serlienne en façade. Celle-ci est divisée en trois travées par des pilastres et encadrée par deux tours d'escalier du XIIe siècle percées de baies géminées. À l'arrière se dressent trois absides semi-circulaires – celle du centre décorée d'une galerie de petites arcatures en brique – et le clocher isolé, réparti sur six niveaux, dont le style rappelle l'abbaye de Fruttuaria. L'intérieur à trois nefs, couvert de voûtes d'arêtes, conserve deux tribunes accessibles depuis les tours de la façade. Le chef-d'œuvre absolu est l'ambon roman du XIIe siècle en marbre serpentine vert d'Oira : porté par quatre colonnes, il est sculpté des symboles du Tétramorphe, de scènes de lutte entre le bien et le mal et d'une figure masculine que de nombreuses études identifient à l'abbé Guillaume de Volpiano, né sur l'île en 962. Les murs abritent des fresques votives des XIVe et XVIe siècles, attribuées aussi à l'atelier des Cagnola, tandis que les voûtes centrales et le cul-de-four de l'abside portent des peintures baroques de Carlo Borsetti représentant la Trinité et la gloire de saint Jules. Sous le presbytère surélevé s'ouvre la crypte de 1697, qui contient les reliques du saint titulaire et des saints Audence, Élie, Démétrios et Philibert. Le mur de gauche accueille par ailleurs un orgue à tuyaux de la maison Mascioni.
La visite
L'entrée principale des visiteurs se trouve du côté sud de l'édifice : depuis l'embarcadère de l'île, tu franchis un portail Renaissance puis un escalier couvert d'une voûte en voile. À l'intérieur, tu peux descendre dans la crypte du XVIIe siècle par les deux escaliers placés de part et d'autre du presbytère. La basilique fait aujourd'hui partie d'un ensemble qui abrite un monastère de moniales bénédictines.
Le conseil de la rédaction
En parcourant la nef principale, regarde la base des piliers du côté gauche : tu y trouveras l'unique fragment subsistant du pavement de mosaïque médiéval d'origine, en tesselles blanches et noires, rescapé des remplacements du XIXe siècle qui en ont effacé les signes du Zodiaque représentés.
