La tour qui ferme l'horizon de La Pelosa est plus ancienne que la plage comme lieu de baignade : un tronc de cône en schiste local, seize mètres de diamètre à la base et dix de haut, élevé sur l'îlot au large du capo Falcone avant 1578 pour surveiller le passage vers l'Asinara. L'écoutille d'entrée se trouve à six mètres du sol et s'atteignait par des échelles de corde ; à l'intérieur veillaient un alcaide, un canonnier et trois ou quatre soldats, avec trois canons de gros calibre et une espingole. Elle fut désarmée en 1846. Le village qui amène aujourd'hui les baigneurs n'existait pas encore : Stintino est né en 1885, quand quarante-cinq familles de pêcheurs et de bergers durent quitter l'Asinara, où l'État installait un lazaret et un bagne.
À voir
Le sable est très blanc et très fin, le fond reste bas sur des dizaines de mètres et l'eau garde un turquoise que l'on voit d'ordinaire bien plus au sud. En face s'ouvrent le golfe de l'Asinara et l'île du même nom, protégée par le parc national créé en 1997, pour lequel Stintino est l'embarquement le plus proche. À droite, au-delà d'une langue de sable, viennent la petite plage de La Pelosetta et l'îlot à la tour, que la commune a placée sur ses armes avec une voile latine.
La côte alentour change vite de caractère. Vers l'ouest commence le « mare di fuori », le versant exposé à la mer de Sardaigne, avec des falaises et des criques de sable et de galets au bout de petits vallons : Biggiu Marinu, le « bœuf marin », nom sarde du phoque moine, appelé aussi Valle della Luna, puis Coscia di Donna et Cala del Vapore. Sur le versant oriental, plus abrité, s'alignent les plages des Saline, Ezzi Mannu, Pazzona et Punta Negra.
La visite
L'affluence est telle que l'accès se fait sur réservation : sans place réservée avant le départ, on reste dehors. On arrive par la route qui mène de Stintino au capo Falcone, quelques kilomètres, et les parkings sont payants et assez éloignés du rivage pour décourager les bagages lourds. Il n'y a aucune ombre naturelle. Pour une mer vide, venez tôt le matin ou en fin d'après-midi, quand la lumière rasante sur les hauts-fonds est aussi la meilleure pour les photographies. À trois kilomètres du bourg, l'étang de Casaraccio est une réserve de reproduction pour les oiseaux et mérite un arrêt à l'aller.
Le conseil de la rédaction
Nous terminons l'après-midi au port de Stintino, pas sur le sable. Au musée de la madrague, ouvert en 2016 sur le quai, ce sont les filets et les registres de la coopérative de pêcheurs fondée en 1904 par soixante-huit associés du lieu qui racontent cette côte. Ensuite on mange le poulpe à la mode de Stintino et on regarde rentrer les voiliers latins, qui ici ne sont pas un décor pour les visiteurs.

