Torralba veut dire tour blanche, du latin turris et alba, et dans les vieux papiers on le trouve aussi comme Toralba, Toralva, Turralba. Mais les vraies tours, ici, sont bien plus vieilles que le nom : dans le territoire on en compte plus de trente, c'est-à-dire plus de trente nuraghes, et avec eux une dizaine de tombes des géants. C'est la vallée des Nuraghes, et sa plus grosse pièce est le nuraghe Santu Antine, l'un des plus grands et des mieux conservés de toute la Sardaigne, dont la tour centrale atteint dix-sept mètres. Au village il y a le musée de la vallée des nuraghes, qui tient ensemble ce que les fouilles ont rendu. Le village, lui, paraît dans les documents vers 1064, poussé autour de l'église de Santa Maria, et il était dans la curatorie du Meilogu, dans le judicat de Torres.
À la chute du judicat, en 1259, le territoire passa aux Doria, et tout près d'ici, en 1347, se livra la bataille d'Aidu de Turdu entre les Catalano-Aragonais et les Doria : les Aragonais la perdirent, mais quelques décennies plus tard ils prirent tout quand même. Puis Torralba fut comté, puis marquisat, et en 1750 il entra dans le marquisat de Valdecalzana, celui-là même où finit la voisine Bonnanaro ; le rachat vint en 1839, avec la fin du système féodal. La grande fête est celle du Saint-Esprit, qui dure quatre jours et se clôt le lundi après la Pentecôte, avec les processions à cheval qui viennent de l'église champêtre jusqu'au village ; et en janvier on allume les feux de saint Antoine.
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