Ce village a été conçu sur une table à dessin et bâti à partir de rien à la fin des années trente, complet de tout ce qu'un village devrait avoir. Aujourd'hui cinquante et une personnes y vivent, et surtout l'été. C'est l'un des bourgs ruraux semés en ces années dans les campagnes siciliennes pour fixer à la terre les paysans du latifundium, et il est parmi les mieux conservés.
À voir
Le plan est celui, typique, de ces fondations : une seule place, avec autour les édifices publics, et les maisons des colons disposées selon un tracé régulier. Il n'a pas grandi par ajouts comme les vrais villages, il a été livré fini, avec les rues déjà tracées et les services déjà en place.
Il se dresse sur une petite colline près de la mer, le long de la route qui court sur la côte méridionale, à une dizaine de kilomètres de Ribera. En sicilien on l'appelle encore Santu Petru. Dans la plupart des cas ces bourgs n'ont pas fonctionné : les paysans ne s'y sont pas installés en nombre suffisant, et beaucoup sont restés à moitié vides ou se sont dépeuplés tout à fait.
La visite
On y arrive par la nationale, et l'on circule librement : ni billet ni horaires, car c'est un village, non un site. En hiver on le trouve presque désert. Une demi-heure.
Le conseil de la rédaction
Arrêtez-vous au milieu de la place et lisez le projet. De là on voit d'un seul coup tout ce que quelqu'un jugeait nécessaire pour qu'une communauté existe : un bâtiment pour prier, un pour administrer, un pour étudier, un pour poster une lettre. C'est une théorie du village, dessinée par des gens qui n'ont jamais habité dans un village pareil.
