Le nom ne vient pas de Sciacca mais de Jérusalem: en 1172 l'église passa sous la dépendance de l'abbaye de San Filippo di Argirò et du monastère bénédictin de Santa Maria Latina de Jérusalem, et de ce lien lui est resté l'adjectif. Elle était debout depuis au moins une génération: la fondation se situe entre 1100 et 1136 et la tradition l'attribue à la comtesse Giulietta, fille du comte Roger de Hauteville. C'est la plus ancienne église de la ville, dans le Rabato, le quartier tracé sous domination islamique.
À voir
La façade à pignon est en calcaire local, cernée par un cadre qui en suit tout le contour: en bas un portail, au-dessus trois fenêtres à encadrement en double retrait, alignées sur toute la paroi. Ni sculpture ni statue, et le mélange d'éléments arabes et normands tient à la structure plutôt qu'au décor: les chercheurs n'excluent pas que des artisans arabes du quartier aient travaillé au chantier.
À l'intérieur, le plan est en croix latine, avec une nef unique et un plafond de bois apparent. Le fond s'ouvre sur trois absides semi-circulaires accolées, le détail qui renvoie le plus nettement au répertoire arabo-normand; en hauteur, de petites fenêtres ébrasées laissent entrer une lumière étroite. Les murs étaient entièrement peints à la manière byzantine: il en reste des fragments, des taches de couleur et quelques figures difficilement lisibles. Du monastère bénédictin voisin ne subsistent que de rares traces.
La visite
L'église se trouve piazza San Nicolò, dans la partie haute du Rabato: dix minutes de marche en montée depuis le centre, et mieux vaut laisser la voiture en bas. Elle n'a pas d'horaires fixes: fermée la plus grande partie de l'année, elle se visite surtout lors des week-ends d'ouvertures exceptionnelles, en automne, ou en s'adressant à la paroisse et à l'office de tourisme. Vingt minutes suffisent, la salle est unique; des marches mènent à la porte et l'accès en fauteuil roulant n'est pas possible.
Le conseil de la rédaction
Si la porte est ouverte, entrons et restons immobiles une minute avant de regarder autour de nous: la lumière qui tombe des petites fenêtres est faible et les fragments de fresque ne se détachent qu'une fois l'œil habitué. Montons ensuite à Santa Maria delle Giummare, un peu plus haut dans le même quartier: l'autre fondation normande que la tradition locale rattache au nom de la comtesse Giulietta.
