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⛪ Églises et sanctuaires

Oratorio di Santo Stefano protomartire

📍 Palermo, Sicile · 43/100

Cet oratoire s'entretient tout seul, et depuis trois siècles. Quand le tremblement de terre de 1726 l'endommagea, la confrérie ne s'arrêta pas aux réparations : sur le terrain de derrière, jusque-là un jardin, elle fit bâtir des maisons de rapport, pour que les loyers paient les travaux et l'entretien à venir. Quelques décennies plus tard elle en ajouta d'autres.

À voir

La confrérie de Saint-Étienne était née en 1580 et siégeait dans l'église du même nom du piano della Panneria. Ayant obtenu un lopin de la municipalité, elle en acheta un attenant au début du dix-septième siècle pour y élever l'oratoire. Les réparations après le séisme furent suivies par l'architecte Francesco Firrigno, et les maisons neuves du dix-huitième siècle par Mariano Sucameli. Au dix-neuvième siècle arriva un autel sculpté et doré ; puis les infiltrations d'humidité, la réfection du toit au début du vingtième siècle, d'autres travaux d'entretien courant. C'est la biographie d'un petit édifice tenu debout par un groupe de personnes qui, génération après génération, a continué à trouver l'argent.

La façade est simple, avec des pilastres et un portail qui garde sa porte de bois du dix-huitième siècle. On entre dans un vestibule à voûte en berceau, et de là deux portes mènent à l'unique nef. Les murs ont des pilastres doriques peints en faux marbre ; la voûte en berceau à lunettes est de roseaux revêtus de plâtre, peinte de scènes de la vie du saint, et la même technique légère porte la coupole au-dessus du chœur. Sur l'autel se trouvent deux statues attribuées à Giacomo Serpotta, et dans la salle les stucs de Procopio et Giovanni Maria Serpotta. Les toiles du dix-septième siècle attribuées au Génois Bernardo Castello et à son atelier, qui formaient le cœur du décor peint, sont aujourd'hui au Musée diocésain : ici restent les stucs, les fresques et la sacristie au plafond de bois peint.

La visite

Il se tient piazza del Monte di Pietà. Comme presque tous les oratoires palermitains il n'a pas d'ouverture continue : on entre lors de visites organisées ou par les associations qui s'en occupent, il faut donc vérifier avant. Sachez que les tableaux n'y sont plus, et que ce qu'on vient voir est le travail des Serpotta. Vingt minutes.

Le conseil de la rédaction

Regardez les marches devant la porte et les bases sculptées des pilastres. Ces marches ne sont pas une idée de l'architecte : en 1866 on abaissa le niveau de la rue devant l'oratoire, et l'entrée se retrouva suspendue au-dessus du niveau neuf, si bien qu'il fallut des degrés pour revenir au sol. C'est une mesure visible de combien la ville s'est abaissée en ce point, et elle se lit en deux secondes quand on sait ce qu'on regarde.

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