Les armes de Terricciola racontent toute son histoire en une seule figure : la moitié de la croix de Pise et la moitié du lys de Florence, coupées verticalement et jointes l'une à l'autre. Le village se tient là où se rencontrent les vallées de l'Era, du Cascina et du Sterza, c'est-à-dire sur une ligne que les deux républiques se sont disputée pendant des siècles : en 1284 la population jura fidélité à Florence, en 1496 Pise en reprit le contrôle. Plus tôt encore c'était terre étrusque, et les nécropoles d'époque hellénistique le disent, avec leurs tombes à chambre creusées sous terre dans les hameaux de Morrona et de Soiana — parmi elles l'hypogée du Belvedere. Le nom pourrait venir de Tursenum, la forme étrusque et latine, ou des turres, les tours défensives dont le bourg était constellé, d'où Turricula. Et au plébiscite de 1860, celui de l'annexion de la Toscane au royaume de Sardaigne, les oui n'atteignirent pas ici la majorité des ayants droit : quatre cent vingt-cinq sur mille soixante-trois, signe que l'annexion ne convainquait pas tout le monde.
Aujourd'hui Terricciola fait partie des Città del Vino, et sous les maisons il y a les caves, creusées dans le même tuf que les hypogées étrusques. Hors du village, à Morrona, se dresse l'abbaye de Santa Maria, fondée en 1089 par le comte Ugo della Gherardesca et plus tard résidence des évêques de Volterra. La villa Gherardi Del Testa fut bâtie en 1660, comme le dit l'épigraphe sur la façade, et c'est là qu'en 1818 naquit Tommaso Gherardi del Testa, qui allait devenir un auteur comique connu ; dans la chapelle de famille se conserve une Vierge à l'Enfant attribuée à Andrea del Sarto. Devant la mairie se trouve en revanche la villa Cempini Meazzoli, où naquit Francesco Cempini, ministre des finances du grand-duc Léopold II puis président du sénat. Le tremblement de terre de 1846 endommagea gravement l'église de Soiana et le sanctuaire de Castelvecchio, qui furent reconstruits dans les décennies suivantes.