Au début du XVIe siècle, dans le vaste jardin de sa résidence padouane à quelques pas de la basilique Saint-Antoine, l'humaniste Alvise Cornaro fit construire la Loggia et l'Odeo qui portent encore son nom aujourd'hui ; ils font désormais partie des musées municipaux de la ville.
À voir
Du vaste complexe de bâtiments et de jardins voulu par Cornaro subsiste une cour rectangulaire d'environ 32 sur 18 mètres, dont la Loggia occupe tout le petit côté tandis que l'Odeo s'ouvre au centre du grand côté. Conçue en 1524 par l'architecte et peintre véronais Giovanni Maria Falconetto, la Loggia servait de décor fixe au «théâtre humaniste» imaginé par Cornaro, inspiré des modèles classiques gréco-romains : depuis le jardin qui lui faisait face, le maître de maison et ses invités assistaient aux spectacles d'acteurs tels qu'Angelo Beolco, dit il Ruzante.
Construit une dizaine d'années après la Loggia, l'Odeo était quant à lui destiné à la musique et à la récitation poétique, et abrita à partir de 1540 l'Accademia degli Infiammati ; sa salle centrale octogonale conserve encore des fresques aux sujets alchimiques et paysans attribuées à Gualtiero Padovano et Giovanni da Udine. Les statues en stuc de l'étage supérieur de la Loggia portent quant à elles la signature du sculpteur Iacopo Colonna, collaborateur de Jacopo Sansovino.
La visite
Offert à la ville de Padoue en 1968 par la comtesse Giulia Giusti del Giardino, le complexe se visite aujourd'hui comme un site muséal ; mieux vaut toutefois vérifier les horaires à l'avance.
Le conseil de la rédaction
Le complexe est aussi connu sous le nom de «Rotonda di Padova» : la tradition veut qu'il ait influencé Andrea Palladio pour sa Villa Capra près de Vicence, une bonne façon de relier la Padoue de Cornaro au plus célèbre architecte vicentin.










