⛪ Églises et sanctuaires

Abbazia di San Filippo

📍 Lauria, Basilicate · 55/100

Lauria doit son nom à une manière d'être moine. Vers l'an 960 saint Saba s'arrêta ici en remontant la péninsule depuis la Sicile, et selon son hagiographie il bâtit de ses propres mains un oratoire ; autour de ce noyau vivaient des ermites de rite grec, et de leur forme de vie monastique vient, disent les sources, le nom du bourg qui allait naître peu après.

À voir

Il reste peu de ruines, reconnaissables comme celles de la grange : l'ensemble est en ruine depuis le dix-septième siècle. Mais ce fut l'un des centres les plus importants de la culture gréco-orthodoxe de Basilicate, avec les monastères de Carbone et de Cersosimo. Nous sommes sur une vraie frontière : la vallée du Noce séparait la Calabre byzantine des territoires lombards de rite latin.

À partir du onzième siècle l'abbaye grandit, aussi parce qu'il convenait à l'autorité byzantine de faire de l'abbé un fonctionnaire impérial ; elle en vint à abriter une soixantaine de moines et eut pendant quatre siècles une juridiction autonome. Puis le rite grec fut abandonné, et de là commença le déclin. Un peu plus haut il y avait un habitat qui s'appelle encore Coro dei monaci, du grec chorio, village.

La visite

Le site est au lieu-dit San Filippo, sur le territoire de Lauria ; ce sont des ruines en pleine campagne, sans billet ni horaires, à atteindre avec de bonnes chaussures. Une demi-heure.

Le conseil de la rédaction

Regardez la crête qu'on appelle dell'Armo : le nom vient du grec eremos, c'est-à-dire désert, solitaire, et elle est pleine de grottes où vivaient les ermites. En Basilicate le mot grec pour désert est resté collé à une colline pendant mille ans, et il n'est pas parti quand le rite est parti.

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