Cette cathédrale a été détruite et rebâtie tant de fois que son histoire peut se raconter comme une liste de séismes. D'abord les hommes de Melfi la rasèrent, à la fin du douzième siècle ; puis les secousses s'en chargèrent, l'une après l'autre, jusqu'à celle de 1980. Chaque fois elle fut relevée avec ce qui restait de la précédente.
À voir
La chose la plus rare, ce sont les signatures. Le portail principal porte le nom de Melchiorre da Montalbano, qui acheva la reconstruction en 1253 ; le clocher est daté de 1209 et porte la signature de maître Sarolo de Muro Lucano. Que deux artisans médiévaux laissent leur nom sur le même édifice, à quarante ans d'écart, est un cas peu commun.
L'intérieur est le résultat de cette histoire : des morceaux d'époques différentes remis ensemble, avec les réfections des dix-septième et dix-huitième siècles par-dessus les structures médiévales. Après le séisme de la fin du dix-septième siècle, ce fut un pape en visite qui donna l'argent pour réparer, et l'église fut relevée une fois de plus.
La visite
La concathédrale est au centre de Rapolla, sur la route entre Melfi et Venosa, à dix minutes de voiture du Vulture ; entrée libre, horaires liés aux offices. Une demi-heure.
Le conseil de la rédaction
Cherchez les deux signatures, l'une sur le portail et l'autre sur le clocher, et lisez-les. Au moyen âge, ceux qui bâtissaient ne laissaient presque jamais leur nom : ici deux hommes ont voulu qu'on sache qui avait fait ce travail, et huit siècles et cinq séismes plus tard nous le savons encore.
