Dans les armoiries de Cicciano il y a une main qui caresse un sein de femme, et l'explication que le village se donne est qu'un copiste en est responsable. La tradition locale raconte que les anciennes armoiries montraient une pomme tenue dans une main, pour indiquer la fertilité de la terre, et qu'un scribe, en la recopiant sur certains documents officiels, se méprit sur le dessin ; l'erreur est restée, et elle s'est soudée à l'étymologie populaire du nom, qui le fait venir du mot dialectal «zizza», c'est-à-dire sein, d'où «zizzano». Les savants, moins amusants, proposent autre chose : pour Capolongo le nom vient de citianum, du nom romain Citius ou Cittius ; d'autres d'un propriétaire Cipius ou Caepius ; d'autres encore de Circianum, le cercle, d'après le lieu où l'on fabriquait les cercles des tonneaux. Les premiers documents nomment Cicianu en 950 et Curanu en 967.
À la fin du treizième siècle les chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem s'établirent dans le casale avec une domus à eux, qui au siècle suivant devint Commenda puis Commenda Magistrale. Ils bâtirent le Castro au lieu-dit Lo Ponte : non pas un château au sens strict, mais un espace clos et défendu, un quadrilatère avec une enceinte et un fossé large d'environ huit mètres, pour un périmètre de trois cent trente mètres et une surface de plus de deux mille cinq cents mètres carrés. À l'intérieur il y avait un petit village : le palais du commandeur, l'église San Pietro Apostolo, la prison civile et la prison pénale, un puits d'eau de source, deux cours, des dépôts et un certain nombre de maisons privées. On entrait par une seule grande porte, au sud, après un pont-levis et un ravelin — qui au dix-septième siècle avait perdu sa fonction militaire et était devenu un jardin avec des parterres fleuris et trois pavillons.