La via Chiaia est une rue commerçante par laquelle passe la moitié de Naples, et à mi-parcours, sur la gauche en montant, il y a un portail énorme que presque personne ne regarde. C'est l'entrée du palais Cellammare, bâti au début du seizième siècle et resté pendant trois siècles l'une des maisons les plus fréquentées d'Europe : au dix-huitième siècle, quand il appartenait au prince de Francavilla, on y donnait les fêtes auxquelles allait quiconque passait par Naples, des voyageurs du Grand Tour aux ambassadeurs.
À voir
Le portail monumental, dessiné au dix-huitième siècle par Ferdinando Fuga, s'ouvre sur une rampe qui monte : le palais est plus haut que la rue, et la pente servait à faire entrer les carrosses jusque dans la cour. Au-dessus, caché à qui marche via Chiaia, se trouve un jardin suspendu planté d'arbres, que l'on devine seulement en levant les yeux et en voyant les frondaisons dépasser du mur.
En 1787 Goethe y passa lors de son voyage en Italie, et dans les mémoires du temps le nom de cette maison revient sans cesse : c'était le point où la noblesse napolitaine rencontrait l'étrangère. Aujourd'hui le palais est divisé en propriétés privées et ne se visite pas ; de la rue on voit le portail, le vestibule et le début de la rampe, et cela suffit à comprendre de quelle échelle il s'agit.
La visite
Le palais est via Chiaia, à cinq minutes de la piazza del Plebiscito et autant de la piazza dei Martiri ; il n'y a ni horaires ni billets, car il n'est pas ouvert au public. Dix minutes, en marchant. On passe forcément devant en allant du centre vers Chiaia.
Le conseil de la rédaction
Arrêtez-vous sous le portail et levez les yeux vers le mur au-dessus de l'entrée : les frondaisons qui dépassent appartiennent au jardin suspendu, c'est-à-dire à un morceau de campagne resté au-dessus de la rue des boutiques. C'est la chose la plus napolitaine qui soit : derrière une vitrine de chaussures il y a un jardin du dix-huitième siècle, et aucun passant ne le sait.
