Ce village a eu un diocèse qui a duré un instant. Le 6 mars 1531, en consistoire, le pape Clément VII éleva l'État de Giffoni au rang de diocèse : il transforma l'église de l'Annunziata en cathédrale et nomma premier évêque Innico d'Avalos, qui était évêque d'Aquino. Le cardinal Ridolfi, archevêque de Salerne, s'y opposa avec une telle énergie que le Saint-Siège dut révoquer sa décision. Le premier évêque de Giffoni ne prit jamais possession de son siège, et l'église resta une cathédrale sans diocèse : elle est encore en croix latine à trois nefs, comme on l'avait refaite exprès.
L'histoire de ce territoire commence par une déportation. Les Picènes, battus par les Romains vers 268 avant Jésus-Christ et contraints d'émigrer, fondèrent Picentia dans la vallée du Picentino ; ils se rangèrent ensuite du côté des Carthaginois, et Hannibal battu, les Romains détruisirent Picentia en 201. Ils se soulevèrent encore pendant la guerre sociale de 89, furent battus de nouveau, et cette fois durent abandonner la cité, rasée définitivement, pour vivre dans de petits villages sur les collines alentour. Ces villages s'appellent aujourd'hui San Cipriano Picentino, San Mango Piemonte, Montecorvino Rovella, Montecorvino Pugliano, Faiano, Giffoni Sei Casali et Giffoni Valle Piana. Sur le nom de ce dernier on discute : certains le font venir de Junonis Phanum, pour un temple de Junon sur lequel fut bâtie la basilique de Santa Maria a Vico, d'autres du grec foneo, émettre des sons, d'autres encore de genus furis, c'est-à-dire «terre de gens fripons et rebelles». Depuis 1971 le village accueille le Giffoni Film Festival, festival international de cinéma pour les jeunes.