C'est d'ici qu'est parti le premier archevêque de Pékin. Giovanni da Montecorvino naquit en 1247 — les sources hésitent entre ce Montecorvino et celui de la Daunie —, se fit franciscain et partit en 1289 pour l'Orient avec des lettres pour l'ilkhan de Perse, pour l'empereur et pour d'autres souverains. Il atteignit la Chine du Nord en 1294, à Khan Baliq, c'est-à-dire Pékin, juste au moment où mourait Kubilai Khan, et il y resta. Il bâtit la première église de la ville et en 1305 une seconde, devant le palais impérial ; il apprit l'ouïgour, la langue de la classe dirigeante mongole, et y traduisit le Nouveau Testament et le livre des Psaumes ; il racheta à des familles non chrétiennes quelque cent cinquante garçons et leur enseigna le grec, le latin et le chant. Pendant onze ans il fut le seul prêtre de l'Église de Rome en Chine, sans pouvoir même se confesser. Il mourut à Khan Baliq en 1328, et à ses funérailles, dit-on, vint une foule immense, chrétienne et non chrétienne.
L'origine du village, elle aussi, tient à un déplacement forcé. En 269 avant Jésus-Christ les Romains battirent les Picènes sur l'Adriatique et les transplantèrent de force en Campanie, entre le Sele et le Sarno ; la ville qu'ils reçurent s'appela Picentia et on les appela Picentini, pour les distinguer de ceux restés au bord de la mer. Ils se révoltèrent plus d'une fois, Picentia fut rasée deux fois, et à la fin Rome interdit de la rebâtir : seulement de petits noyaux dispersés. L'un d'eux devint Montecorvino. La seconde moitié du nom, pour certains, dit le reste : Rovella viendrait de ribellus, rebelle. La commune a continué de perdre des morceaux : en 1820 elle fut divisée en Rovella et Pugliano, en 1929 une partie du territoire alla former Battipaglia avec un morceau d'Eboli, et en 1990, après un référendum, Bellizzi devint elle aussi une commune à part.