Les armes de Zocca portent un phénix renaissant du feu, avec la devise Post fata resurgo, et ce n'est pas une image de convention : la commune avait vraiment été supprimée puis refaite. Comprise en 1797 dans la communauté de Montalbano, elle fut annexée à Montecorone quand celle-ci fut dissoute ; elle connut une brève indépendance sous la république napoléonienne et, avec la Restauration, se retrouva dans Guiglia ; elle ne fut rétablie comme commune qu'en 1859, à la fin du duché de Modène et Reggio. Le phénix fut choisi vers 1860 par Luigi Carlo Farini. Derrière l'écu se tient un caducée, pour le commerce : en 1465 le duc Borso d'Este autorisa les hommes de Montetortore à tenir un marché deux fois l'an, et le bourg grandit autour de ces échanges. Le nom vient de zòca, qui dans le dialecte du Frignano désigne la souche, ici celle du châtaignier ; il est attesté depuis 1337.
Pour la Première Guerre mondiale, environ cinq cents hommes partirent de Zocca, et près d'un tiers ne revint pas. Dans la Seconde le village fut un centre actif de la Résistance et le paya : le 18 août 1944 une unité de la Guardia Nazionale Repubblicana pendit vingt hommes dans l'eccidio dei Boschi di Ciano, et Zocca porte la médaille d'or du mérite civil pour la lutte antifasciste de 1943-44. Le 18 septembre 1975, ici encore, naquit Punto Radio, l'une des premières radios libres d'Italie : parmi ses fondateurs il y avait Vasco Rossi, né à Zocca. À table il y a les crescentine, cuites entre les tigelle de terre cuite chauffées dans la braise, autrefois avec une feuille de châtaignier ; et en octobre, trois dimanches durant, on fait la fête de la châtaigne.