Le nom est une colline : Campum Rotundum, puis Mons Rotundus, la hauteur ronde facile à défendre que les documents citent déjà vers l'an mille. Les habitants, eux, se disent eretini, et c'est une autre histoire : depuis des siècles on répète que Monterotondo hérite de l'antique cité sabine d'Eretum, mais le bourg ne s'élève pas là où celle-ci s'élevait, et d'Eretum il ne reste pas une ruine identifiable — les historiens antiques la plaçaient au dix-huitième mille de la via Salaria, là où elle croisait la Nomentana. Le nom d'un fantôme, donc, porté avec fierté.
La colline fut aux Orsini pendant cinq siècles — d'ici venait Clarice, qui épousa Laurent le Magnifique — jusqu'à ce qu'Alexandre VI Borgia, pour briser leur puissance, fasse empoisonner en prison le cardinal Battista Orsini et ordonne en 1503 d'abattre les remparts. Puis vinrent les Barberini, le palais ducal aujourd'hui mairie, et le duomo de Santa Maria Maddalena. Des carrières du territoire sortait le travertin que des carriers lombards et tessinois fournissaient à la Fabrique de Saint-Pierre : un morceau de la basilique vient d'ici. En 1867, Garibaldi entra dans la ville en brûlant la Porta Romana, aujourd'hui Porta Garibaldi, et cinq frères Giovagnoli de Monterotondo le suivirent — il les appelait «les Cairoli du Latium». La médaille d'argent de la valeur militaire récompense en revanche la résistance de la population en octobre 1943. Rome est à une demi-heure de train ; la Sabine des oliviers commence ici.