Les églises romaines naissaient sur la tombe d'un martyr. Pas celle-ci : elle fut élevée à partir du quatrième siècle à l'intérieur du Sessorium, la résidence d'Hélène, mère de Constantin, et pour une seule raison, conserver un fragment de la Croix avec les autres reliques de la Passion que, selon la tradition, Hélène rapporta de Terre sainte. C'est un édifice conçu dès l'origine comme un reliquaire. On l'appelle in Gerusalemme parce que de la terre du mont Calvaire aurait été répandue dans ses fondations : pour la dévotion médiévale, entrer ici équivalait à poser le pied dans la ville sainte. À côté résiste encore l'amphithéâtre Castrense, le deuxième amphithéâtre romain conservé à Rome.
À voir
Descendez dans la chapelle Sainte-Hélène, sous le niveau de la basilique. Une plaque rappelle que la terre du Calvaire fut répandue ici, et l'on y trouve une statue romaine de Junon découverte à Ostie : on la transforma en sainte Hélène en remplaçant la tête et les bras et en ajoutant la croix. Les guides de pèlerins de la fin du Moyen Âge tenaient ce lieu pour si saint que les femmes n'avaient pas le droit d'y entrer. Au début du dix-septième siècle un très jeune Rubens, à peine arrivé à Rome depuis Mantoue, peignit trois tableaux d'autel pour la chapelle : deux ont abouti à Grasse, en France, et le troisième fut détruit au dix-huitième siècle.
La visite
Les reliques se trouvent aujourd'hui dans une chapelle aménagée dans l'ancienne sacristie. Il y a trois fragments de la Vraie Croix, une partie de la couronne d'épines et un clou : les trois autres seraient, toujours selon la tradition, dans la couronne de fer de Monza, au-dessus du maître-autel de la cathédrale de Milan et dans la cathédrale de Colle di Val d'Elsa. La pièce la plus discutée est le titulus crucis, la tablette de noyer qui serait l'écriteau cloué au-dessus de la croix. Elle fut trouvée dans une niche en 1492, au cours de travaux. Elle porte une partie d'inscription en hébreu, en grec et en latin, et les trois lignes sont écrites de droite à gauche ; le latin porte Nazarinus au lieu de Nazarenus, et le texte ne correspond exactement à aucun des quatre évangiles. Certains lisent ces anomalies comme des indices d'authenticité, car un faussaire ne les aurait pas introduites.
Le conseil de la rédaction
Regardez le cul-de-four de l'abside avant de descendre : les fresques attribuées à Antoniazzo Romano et à Marco Palmezzano racontent l'invention de la Croix telle que la raconte la Legenda aurea, c'est-à-dire dans la version légendaire. Gardez ensuite en tête l'autre réponse. Le Saint-Siège autorisa le prélèvement d'échantillons sur le titulus, et la datation au radiocarbone a placé ce bois entre les années 980 et 1150, en plein Moyen Âge, alors que les paléographes avaient jugé les lettres compatibles avec le premier siècle. L'objet porte les deux réponses à la fois, et mieux vaut les connaître toutes les deux avant de le regarder.
