La légende veut que cette basilique soit née d'une chute de neige en août : dans la nuit du 5 août, en plein été romain, la neige aurait blanchi l'Esquilin, indiquant au pape Libère (352-366) le périmètre de l'église que le patricien Jean allait financer. Le « miracle de la neige » est encore évoqué chaque 5 août, quand une cascade de pétales blancs descend du plafond sur les fidèles pendant la messe du matin et les vêpres du soir.
L'édifice actuel fut consacré par le pape Sixte III le 5 août 434, au lendemain du concile d'Éphèse (431) qui avait proclamé Marie Mère de Dieu, et c'est la seule basilique de Rome à avoir conservé sa structure paléochrétienne d'origine, même enrichie au fil des siècles.
À voir
Les mosaïques du Ve siècle sont le cœur de la visite : le long de la nef subsistent 27 des 42 panneaux d'origine avec les histoires de l'Ancien Testament, le premier cycle figuratif apparu dans une église romaine, tandis que sur l'arc triomphal courent les scènes de l'enfance du Christ avec la dédicace en lettres d'or Xystus episcopus plebi Dei, « Sixte évêque au peuple de Dieu ». Dans l'abside, le Couronnement de la Vierge réalisé par Jacopo Torriti en 1295 pour Nicolas IV est le premier couronnement absidal de Marie ; les mosaïques de la façade sont de Filippo Rusuti. La basilique conserve aussi la relique de la crèche de Jésus — d'où son ancien nom, Sancta Maria ad Praesepe — et l'icône de la Salus Populi Romani, couronnée canoniquement en 1838 par la volonté de Grégoire XVI.
La visite
Santa Maria Maggiore est l'une des quatre basiliques papales majeures et l'une des Sept Églises du pèlerinage romain. L'édifice, escaliers extérieurs compris, est une zone extraterritoriale du Saint-Siège en vertu des accords du Latran. Sous les pieds court le pavement cosmatesque, d'origine médiévale du XIIe siècle, refait lors des restaurations du XVIIIe siècle menées par Ferdinando Fuga, auteur aussi de la façade actuelle ; une curiosité institutionnelle : le protochanoine honoraire du chapitre est, de droit, le roi d'Espagne.
Le conseil de la rédaction
Si tu peux choisir ta date, viens le 5 août pour la pluie de pétales blancs qui rappelle la chute de neige : c'est l'un des rites les plus singuliers du calendrier romain. Les autres jours, souviens-toi que les panneaux de mosaïque de la nef sont petits et placés en hauteur, au-dessus de la colonnade : une paire de jumelles, même de théâtre, change complètement la visite.
