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⛪ Églises et sanctuaires

basilica di Santa Maria degli Angeli e dei Martiri

📍 Roma, Latium · 75/100

Elle n'est pas née comme église. C'est la salle centrale des thermes de Dioclétien, et il fallut l'obstination d'un prêtre sicilien pour qu'elle le devînt. À l'été 1541 Antonio del Duca aurait vu une lumière plus blanche que la neige s'élever des thermes, avec au centre les sept martyrs, et il en fut convaincu : un temple dédié aux sept anges devait s'élever là, et il alla en inscrire les noms sur les colonnes de la salle. Paul III ne le soutint pas, et sous Jules III les neveux du pape aménagèrent dans ces ruines un enclos de chasse et un manège pour les chevaux. Seule la bulle de Pie IV, en 1561, fit l'église, dédiée à la Vierge et à tous les Anges et Martyrs, et en confia le projet à Michel-Ange, alors très vieux et occupé à Saint-Pierre.

À voir

Michel-Ange toucha le moins possible. Il traita les restes romains comme une chose à garder : avec quelques refends il délimita trois travées voûtées d'arêtes et y ajouta deux chapelles carrées, et il en sortit une église qui s'élargit en travers au lieu de s'allonger, contre l'avis des commanditaires. Les voûtes sont encore à la hauteur romaine, vingt-neuf mètres, et les colonnes sont les antiques. Ce que l'on voit posé sur l'architecture, en revanche, n'est pas de lui : en 1750 Luigi Vanvitelli décora selon le goût de son temps l'intérieur sobre voulu par Michel-Ange, dont il ne reste aucun document. La façade non plus n'est plus la même : au début du vingtième siècle celle de Vanvitelli fut enlevée, et l'église se montre de nouveau avec la grande niche de brique des thermes.

La visite

Les tableaux viennent de Saint-Pierre. Les grands retables de la basilique vaticane étaient menacés par l'humidité, et ce fut encore Vanvitelli qui s'occupa de leur transport ici : on mit à leur place des copies en mosaïque, si bien que l'original se regarde dans cette église et qu'à Saint-Pierre on regarde la copie. Il y a le Martyre de saint Sébastien du Dominiquin, le Baptême de Jésus de Carlo Maratta, la Messe de saint Basile de Pierre Subleyras. Ici sont enterrés Pie IV, Salvator Rosa et Maratta lui-même, qui avait dessiné de sa main son monument funèbre, ainsi que les trois hommes tenus pour les artisans de la victoire italienne de la Première Guerre mondiale, Armando Diaz, Paolo Thaon di Revel et Vittorio Emanuele Orlando. Devenue église d'État à la fin du dix-neuvième siècle pour les noces de l'héritier du trône d'Italie, elle l'est restée sous la République : les cérémonies officielles s'y célèbrent.

Le conseil de la rédaction

Regardez le sol, puis le plafond. Sur le bras droit court une ligne de bronze longue de quarante-cinq mètres environ : c'est la méridienne que Clément XI commanda à Francesco Bianchini pour le jubilé de 1700, construite avec l'aide de Giacomo Filippo Maraldi et de Gian Domenico Cassini, qui avait déjà fait celle de San Petronio à Bologne. Ce n'était pas un ornement : elle devait vérifier sur le terrain si le calendrier grégorien était juste et fixer la date de Pâques en accord avec les mouvements du Soleil et de la Lune. Le long de la ligne se tiennent les signes du zodiaque, le Cancer à un bout pour le solstice d'été et le Capricorne à l'autre pour celui d'hiver. En haut, l'oculus de la coupole romaine, qui laissait autrefois tomber la pluie dans le bassin en dessous, est fermé par une lanterne de verre de Narcissus Quagliata : trois lentilles astronomiques rassemblent le soleil en une tache rose qui avance très lentement sur le sol et en atteint le centre exact aux équinoxes et aux solstices, sur le midi de Rome.

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