Elle naquit dédiée à saint Paul, bâtie pour les carmes déchaux entre 1608 et 1620 sur un projet de Carlo Maderno. Puis elle changea de nom à cause d'une bataille livrée très loin de là : celle de la Montagne Blanche, près de Prague, pendant la guerre de Trente Ans, qui donna aux troupes catholiques une victoire passagère sur les protestantes. On plaça sur le maître-autel une icône de la Vierge venue de Bohême, et l'église devint Santa Maria della Vittoria. La façade, de Giovanni Battista Soria, reprend celle de la voisine Santa Susanna.
À voir
Dans le transept de gauche se trouve l'Extase de sainte Thérèse d'Ávila, que Gian Lorenzo Bernini sculpta pour le cardinal vénitien Federico Corner et acheva en 1652. La sainte est étendue sur un nuage, l'ange s'apprête à lui transpercer le cœur d'un dard, et derrière eux descend un faisceau de rayons en métal doré. Mais ce qu'il faut regarder, ce sont les parois latérales : Bernin y a sculpté les membres de la famille Corner penchés à deux loges, assistant à la scène. C'est un théâtre, et le sculpteur le déclare en sculptant le public.
La visite
L'autel est convexe et s'ouvre derrière sur un espace ovale ; la lumière qui frappe le groupe vient d'une fenêtre percée au plafond, que l'on ne voit pas de l'endroit où l'on se tient. Regardez ensuite comment sont faites les deux figures : les plis des draperies et le nuage ôtent presque tout poids aux corps, et la seule partie qui reste de chair est le pied nu de la sainte. Dans le reste de l'église, les voûtes peintes à fresque par Gian Domenico Cerrini, avec le triomphe de la Vierge sur les hérésies, et des tableaux d'autel du Dominiquin et du Guerchin ; dans la sacristie sont conservés une toile de Sebastiano Conca et un saint Paul attribué à Guido Reni, le saint auquel l'église avait d'abord été dédiée.
Le conseil de la rédaction
Sortez et faites le tour de l'église, le long du flanc gauche. À un certain endroit vous verrez trois consoles de marbre courbes saillir du mur : elles soutiennent le corps de bâtiment où est percée la fenêtre, c'est-à-dire la source de cette lumière qui, à l'intérieur, semble venir du ciel. Vu de dehors, le miracle repose sur trois consoles. C'est la façon la plus rapide de comprendre comment travaillait Bernin.
