De Cecilia Metella on ne sait presque rien : elle était fille de Quintus Caecilius Metellus Creticus et femme d'un Crassus, que l'on présume fils de ce Marcus Licinius Crassus qui en 71 avant Jésus-Christ écrasa la révolte d'esclaves conduite par Spartacus et qui en 60 forma le premier triumvirat avec César et Pompée. Le tombeau, daté de la seconde moitié du premier siècle avant Jésus-Christ, ne fut pas bâti pour la raconter : les scènes de guerre qui accompagnent l'épigraphe montrent qu'il servait à célébrer l'importance de la famille bien plus que celle de la dédicataire.
À voir
Le tambour qui abrite la chambre funéraire mesure une trentaine de mètres de diamètre et atteint, avec les créneaux, trente-neuf mètres ; il est entièrement revêtu de blocs de travertin. En haut, au-dessus de la plaque portant l'inscription, court une frise de festons de fleurs alternant avec des bucranes, les crânes de bœuf : c'est d'eux qu'est né le nom sous lequel le lieu est connu depuis le Moyen Âge, Capo di Bove. Les créneaux ne sont pas tous médiévaux, comme on le croirait : ils existaient déjà dans la structure de travertin et rappelaient les anciens tumulus bornés de cippes, et au Moyen Âge on les a seulement refaits plus hauts. Au sommet le monument se terminait probablement par une petite coupole qui n'existe plus : il en reste un anneau de blocs et le nom sous lequel on le décrivait au onzième siècle, monumentum peczutum, le monument pointu.
La visite
On accède à la chambre sépulcrale par un couloir ménagé dans le soubassement, et la chambre occupe toute la hauteur de l'édifice. Le mobilier s'est dispersé, comme il était inévitable pour un lieu si longtemps fréquenté : d'un sarcophage transporté au palais Farnèse on a dit qu'il était le sien, mais Antonio Nibby l'attribuait plus plausiblement à Annia Regilla, femme d'Hérode Atticus, qui au siècle suivant avait acquis de vastes terres dans ces parages. Le modèle non plus n'est pas assuré : selon certains savants la forme circulaire vient des mausolées hellénistiques, selon d'autres des tholos étrusques.
Le conseil de la rédaction
Regardez le mur qui part du tambour et enjambe la via Appia : ce lieu n'a jamais été seulement un tombeau. À la fin du treizième siècle les Caetani, la famille de Boniface VIII, fortifièrent le mausolée et l'englobèrent dans un véritable château, avec d'autres tours, un bourg et une vaste église dédiée à saint Nicolas de Bari, dont il ne reste debout aujourd'hui que la maçonnerie. Le château passa ensuite aux Savelli, aux Orsini, aux Colonna, aux Cenci, et à la fin du dix-huitième siècle, dans un moment de gêne des caisses pontificales, les domaines alentour furent vendus aux Torlonia.
