À la fin du IIIe siècle Rome s'était étendue bien au-delà des murs serviens, qui n'enfermaient que les sept collines et avaient été élevés à l'époque royale. La ville, pourtant, se croyait à l'abri : des siècles de tranquillité rendaient impensable qu'un ennemi vînt violer le sol de l'Urbs. Une confirmation involontaire arriva lorsque les Alamans envahirent la péninsule et parvinrent jusque sous Rome : convaincus eux aussi de l'invulnérabilité d'une telle ville, ils renoncèrent à l'attaquer, comme l'avait fait cinq siècles plus tôt Hannibal.
À voir
Ce que l'on voit est un mur monté en hâte et volontairement simple : une courtine de brique avec de solides portes et un chemin de ronde au sommet, sur une vingtaine de kilomètres de parcours. Il n'en fallait pas davantage, car les ennemis d'alors ne pouvaient guère faire plus que des razzias ; la rapidité de l'exécution et la simplicité de la structure font penser que des experts militaires ont eu part au projet. Le tronçon entre la porta San Sebastiano et la porta Ardeatina en donne la meilleure idée, avec les tours carrées qui s'éloignent l'une après l'autre.
La visite
Ce qui fit tout précipiter, ce fut la peur. Après le milieu du IIIe siècle les Goths étaient descendus jusqu'en Grèce en mettant à sac l'Europe centrale et méridionale, et les seules villes qui parvenaient à les arrêter étaient les villes murées, comme Milan et Vérone. Puis, en 267, les Hérules pillèrent Athènes, et à Rome on comprit que le tour pouvait venir ; entre-temps il était devenu clair que les légions ne contrôlaient plus tout le territoire de l'État. Les travaux commencèrent probablement en 271 et furent bouclés en quatre ans, les finitions étant achevées sous l'empereur Probus.
Le conseil de la rédaction
Un détail remet toute cette hâte en perspective : aucun ennemi n'assiégea ces murs avant l'an 408. Ils furent bâtis contre un danger qui se présenta plus d'un siècle après, et c'est en bonne part pour cela qu'ils sont encore là : jamais mis à l'épreuve pendant des générations, ils ne furent pas non plus abattus. L'autre chose à garder en tête concerne le fossé longeant le mur : Maxence le fit creuser contre Constantin, c'est-à-dire pour se défendre de Constantin, et il semble que ce soit Constantin lui-même qui l'ait terminé.
