Cinq souverains firent halte dans ce château en un demi-siècle : Louis XII de France en 1506, puis Charles Quint de Habsbourg, François Ier de France en 1525, Philippe II d'Espagne et Maximilien II de Habsbourg en 1551. Ce n'était pas une politesse entre nobles. Le château de Borgo Fornari occupe une hauteur qui domine la route entre la vallée de la Scrivia et Voltaggio, alors fief génois, et qui voulait passer passait sous ses murs. La construction se situe entre 1121 et 1182 ; certaines sources l'attribuent aux Fornari, une famille génoise qui a laissé son nom au village.
À voir
Une partie de l'ensemble subsiste. Surtout la tour semi-circulaire en briques apparentes, bien conservée et tenue par les spécialistes pour le corps le plus ancien ; du côté ouest survit un pan de mur que les historiens présentent comme le seul appareil de ce type encore debout dans la vallée de la Scrivia. Vers le fond de vallée, une autre section est intacte, attribuée par certaines hypothèses à la garnison.
En regardant les parois, on remarque le changement de matériau : pierre en bas, brique en haut, signe de chantiers successifs. Le reste, c'est l'histoire de la propriété qui le raconte : des Fornari aux Spinola, qui séjournèrent ici, avec les querelles qui s'ensuivirent contre les Doria. Au XVe siècle la forteresse redevint un terrain d'affrontement entre les Spinola et la République de Gênes : Filippo Maria Visconti, allié des premiers, parvint à l'obtenir et la remit au pape Martin V, comme le prévoyaient les accords de paix de mai 1419.
La visite
On monte à pied depuis la rue principale de Borgo Fornari, hameau de Ronco Scrivia, en prenant la ruelle que l'on appelle ici Rian-na : une dizaine de minutes de côte, sans difficulté mais sur un sol irrégulier et sans signalisation voyante. Le château appartient à la commune — Ronco Scrivia l'a acheté et a obtenu en 2005 des fonds pour une restauration conservatoire — et s'observe surtout de l'extérieur : ni billetterie ni parcours de visite, mieux vaut donc se renseigner en mairie avant de compter sur une ouverture.
Le conseil de la rédaction
Venez en fin d'après-midi, quand la lumière rasante détache le rouge des briques de la tour du vert du versant. Et avant de redescendre, tournez-vous vers le fond de vallée : de là-haut, la route de Voltaggio se lit d'un bout à l'autre, et c'est la raison pour laquelle ce tas de pierres a coûté aux Spinola, aux Doria et aux Visconti des siècles de querelles.
