Une institution de mille ans a pris fin à cause d'un orage. Au dix-huitième siècle le monastère de San Salvatore était encore intact et habité ; puis la foudre frappa le clocher, et de là commença le déclin. Réparer un clocher coûte très cher, et une communauté déjà réduite n'y arrive pas : le dégât d'une nuit devient la fin d'une très longue histoire.
À voir
Peu de chose : ce qui reste a été englobé à partir du dix-neuvième siècle dans les maisons privées du village. Mais les sources racontent beaucoup. La tradition attribue la fondation, en 725, au roi lombard Liutprand, de passage à Savignone ; des documents antérieurs à l'an mille parlent précisément d'un terrain donné par le souverain pour y bâtir le monastère.
Au neuvième siècle un pape le concéda à l'évêque de Lodi, sous le diocèse de Tortone. Une bulle de 1196 le cite comme dépendance d'une abbaye du val Borbera, et au treizième siècle l'église fut agrandie, transformée en monastère et dédiée à saint Sauveur. Des fouilles ont livré des amphores et des objets sacrés, et laissent penser qu'il y avait aussi un cimetière.
La visite
Il n'y a pas de monument à visiter : les vestiges sont à l'intérieur de propriétés privées au centre de Savignone, dans la vallée de la Scrivia. On les regarde en se promenant dans le bourg, sans billet ni horaires. Dix minutes.
Le conseil de la rédaction
Marchez en regardant les murs des maisons, non les façades. Là où un édifice ancien a été englobé, les traces demeurent toujours : un pan de maçonnerie plus vieille, un arc bouché, une fenêtre murée à une hauteur qui n'a rien à voir avec les étages actuels. Il ne faut pas un archéologue, il faut lever les yeux en marchant.
