Sur une carte routière de l'Empire romain, la Tabula Peutingeriana du IVe siècle, Albisola figure sous le nom d'Alba Docilia. Docilia renvoie aux Ligures Docilii, la tribu installée entre la côte d'Albisola et Sassello ; Alba désigne une agglomération, à l'origine sans doute une hauteur, et c'est la même racine qui revient dans Alba Pompeia, dans Albium Ingaunum (Albenga) et dans Albium Intemelium (Vintimille). Le nom a survécu sur place : le club d'athlétisme de la commune le porte encore.
À voir
Les vestiges occupent la piazza Giulio II, face à la sortie de la gare d'Albisola Superiore, et appartiennent à un vaste ensemble romain dégagé en trois temps. Le premier à les mettre au jour fut le prêtre G. B. Schiappapietra, au XIXe siècle, dans les potagers et les vergers qui entouraient la petite église San Pietro : ce sont ses fouilles qui ont fait coïncider ce champ avec l'Alba Docilia des itinéraires antiques. Les campagnes des années 1950, ouvertes pendant la construction de la gare, puis celles des années 1970 en ont livré le périmètre complet.
On distingue deux parties. Le quartier d'habitation compte plusieurs pièces et un large secteur thermal disposé autour de deux péristyles ; la zone de production s'organise au contraire autour d'une grande cour, et certaines salles aujourd'hui recouvertes par la gare servaient à faire le vin. L'ensemble a connu son apogée entre le Ier et le IIIe siècle ; la petite église San Pietro s'est installée plus tard sur ses ruines. En 2008, tout près, trois tombes de l'âge du Fer sont apparues. L'ampleur du site a conduit les archéologues à se demander s'il s'agissait moins d'une villa rustique que d'une mansio, un relais de poste sur la via Julia Augusta.
La visite
Le site est en plein air, clos et visible depuis la place ; il dépend du ministère italien de la culture, qui tient aussi son site officiel : vérifiez-y les jours et les horaires avant de partir. La gare est à une minute à pied, et le parcours entre les murs est court et plat, faisable même entre deux trains.
Le conseil de la rédaction
Venez en train, et tout devient limpide : la voie ferrée passe littéralement au-dessus d'une partie de la villa, et les salles du vin restent sous les rails. C'est l'image la plus honnête de l'endroit, un site romain que le XIXe et le XXe siècle ont à la fois redécouvert et coupé en deux ; on comprend aussi, de là, pourquoi la route de Gênes et de Rome passait exactement ici.
