Des quatre basiliques que saint Ambroise éleva autour de Milan comme un cercle sacré, celle-ci était celle des vierges, hors de Porta Comasina, sur la route de Côme et de l'Allemagne, sur un cimetière païen ; Simplicien l'acheva et y fut enterré, l'évêque qui lui succéda et qui avait instruit Augustin, et le peuple l'appela de son nom. Les murs du quatrième siècle sont encore debout sur vingt-deux mètres de hauteur, avec les grandes fenêtres romaines murées, et la font ressembler à la basilique de Constantin à Trèves ; les briques au sceau du roi lombard Agilulf, trouvées dans les murs, disent que les Lombards la réparèrent. Le vingt-neuf mai 1176, le jour de Legnano, les trois martyrs enterrés ici, dit la légende, volèrent sous forme de colombes sur le Carroccio et annoncèrent la victoire contre Barberousse : depuis, c'est l'église de la Ligue lombarde.
À voir
De l'extérieur, la façade refaite au dix-neuvième siècle avec ses baies géminées et sa triple baie, le campanile que le gouverneur espagnol fit abaisser de vingt-cinq mètres pour qu'il ne regarde pas dans le château, et les arcades au-dessus des portails qui rappellent un portique disparu. Dedans, la croix latine avec la nef de quatre travées et les voûtes romanes, et au fond, dans le cul-de-four de l'abside, le Couronnement de la Vierge de Bergognone, du début du seizième siècle, avec les chœurs des anges et des saints sur fond d'or et d'azur : c'est son chef-d'œuvre, et l'église est construite pour y conduire.
À gauche de l'abside, le sacellum des martyrs d'Anaunia, Sisinnius, Martyrius et Alexandre, les clercs qu'Ambroise envoya évangéliser le val di Non et qui furent tués en 397, enterrés ici par Simplicien ; dans le transept, le Padovanino, Aurelio Luini, le Mariage de la Vierge de Camillo Procaccini, les vitraux du vingtième siècle avec la bataille de Legnano. En 1252, on veilla ici le corps de Pierre de Vérone, le frère assassiné, et son culte commença. De l'église on passe dans les deux cloîtres du monastère bénédictin, le grand et le petit du quinzième siècle, aujourd'hui de la Faculté de théologie, silencieux même le samedi.
La visite
La basilique est piazza San Simpliciano, sur le corso Garibaldi, entre Brera et le Château, métro Lanza ou Moscova ; entrée libre aux horaires d'église avec fermeture à midi. Une demi-heure, avec les cloîtres s'ils sont ouverts. Elle accueille souvent des concerts de musique ancienne, qui dans l'acoustique du quatrième siècle sonnent comme nulle part ailleurs.
Le conseil de la rédaction
Entrez en fin d'après-midi, quand la lumière vient du fond, et asseyez-vous sur le dernier banc : l'or de Bergognone s'allume et les hauts murs semblent plus hauts. Puis levez les yeux vers les fenêtres murées : ce sont les ouvertures qui éclairaient Ambroise, et à Milan il n'y a rien d'autre d'aussi ancien qui soit encore au-dessus de votre tête.
