Dans la salle d'apparat, la plus vaste de l'étage noble, les couches préparatoires du décor laissent encore lire le décompte des journées de travail, des croquis, des dessins, des caricatures et des inscriptions. C'est le chemin le plus court pour comprendre ce qu'est le Museo nazionale di Castello Pandone de Venafro : un édifice qui s'expose d'abord lui-même.
À voir
L'étage noble appartient aux chevaux d'Enrico Pandone. Le comte fit représenter dans chaque pièce les étalons qu'il élevait, en enduit modelé en relief puis peint à fresque, si bien que les animaux se détachent légèrement du mur. Chacun porte son monogramme, un H inscrit dans un cercle, un mors peint comme suspendu à un clou, et une légende indiquant le nom, la race, l'âge et le destinataire de la bête : le plus souvent des nobles italiens, et dans un cas l'empereur Charles Quint. Lues à la suite, ces mentions dessinent le réseau de relations d'une famille à son apogée. Plus tard, les Lannoy firent redécorer les salles pour effacer le souvenir de la famille déchue, et c'est pourquoi le cycle nous parvient par fragments.
Au deuxième étage, le parcours devient une ligne du temps de l'art en Molise. Il s'ouvre sur des fragments de fresque du VIIe siècle provenant de l'ancien monastère Santa Maria delle Monache d'Isernia et s'achève au début du XXe siècle avec les gravures sur bois, les photographies et les aquarelles de la collection Musa. Entre les deux : le polyptyque de la Passion en albâtre de l'église de l'Annunziata de Venafro, sorti au XVe siècle d'un atelier de Nottingham ; la Vierge à l'Enfant du XIVe siècle de Santa Maria della Strada à Matrice ; le Christ en bois de San Giorgio à Campobasso ; un dessin de Mattia Preti et le Pan et Syrinx attribué à Luca Giordano. La collection Giuliani, acquise par l'État en 1990, est présentée par rotation : dessins, estampes et esquisses changent d'une visite à l'autre.
Le conseil de la rédaction
Avant de monter, faites le tour du pied du donjon : les blocs mégalithiques du noyau le plus ancien sont toujours là, sous la tour lombarde, tandis que le fossé et les trois tours rondes à base tronconique datent de la période angevine. Le château revint aux Pandone en 1443, sous les Aragonais, puis passa au XVIIe siècle aux Lannoy, aux Peretti Savelli et aux Di Capua. Lire ces couches depuis l'extérieur éclaire beaucoup ce que l'on verra à l'intérieur.
