L'église romane de San Maurizio est le monument le plus ancien et le plus important de Gravellona Toce : son existence est attestée à partir du dixième siècle. Elle est bâtie en blocs de pierre locale, et une partie de ces blocs n'a pas été extraite d'une carrière mais récupérée sur une tour romaine qui s'élevait à côté. Non loin subsistent les murs du château de Cerro, aujourd'hui disparu, qui se tenait juste à côté de l'église.
À voir
À l'extérieur, les murs sont décorés d'arcatures aveugles, la marque typique du roman lombard, mais les fenêtres ne sont plus celles d'alors : à la place des baies simples d'origine s'ouvrent aujourd'hui de larges ouvertures rectangulaires. À l'intérieur, la nef est unique ; les voûtes d'arêtes qui la couvraient, ajout du quinzième siècle, ont été récemment remplacées par des fermes apparentes. Sur les murs, des fresques du quinzième siècle sont revenues au jour, cachées sous une couche de chaux et dégagées par les restaurations menées par Mesturino en 1925. Sur le flanc nord se dresse le clocher, détaché du corps de l'église mais relié à elle : la partie basse semble remonter aux dernières décennies du onzième siècle, tandis que la chambre des cloches et la coupole octogonale qui la surmonte sont un ajout du dix-neuvième.
La visite
La première chose que l'on remarque en arrivant, c'est que le clocher penche. Pas d'un rien, et cela se voit à l'œil nu depuis la route : la base est renforcée par un éperon de pierre qui la retient. C'est l'image que l'église donne d'elle-même depuis des siècles et qui, avec l'enduit écaillé de la façade, évoque un bâtiment ayant traversé le temps sans trop de ménagements. Les deux parties du clocher se distinguent aussi par la couleur et par l'appareil de la pierre : en bas le roman, en haut la chambre des cloches du dix-neuvième siècle.
Le conseil de la rédaction
Ne vous attendez pas à une église monumentale : San Maurizio est petite, posée au bord de la route, et ceux qui passent en voiture la voient et continuent. C'est précisément ce qui la rend intéressante. Il vaut la peine de s'arrêter pour les arcatures sous l'avant-toit, qui ont mille ans, et pour songer à ceux qui l'ont bâtie en démontant une tour romaine et en remployant ses pierres : un geste tout à fait ordinaire au Moyen Âge, et la raison de cette surface irrégulière des murs. Qui veut mesurer combien le bourg a changé comparera cette église avec la paroissiale de San Pietro, à l'autre bout de l'agglomération.
