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⛪ Églises et sanctuaires

chiesa del Santissimo Salvatore

📍 Caltagirone, Sicile · 47/100

Le 19 mai 1894, dans cette église à plan octogonal, don Luigi Sturzo fut ordonné prêtre et célébra sa première messe ; du même édifice, où reposent ses restes depuis 1962, résonne encore l'appel « aux hommes libres et forts » par lequel le prêtre de Caltagirone fonda le Parti populaire italien. L'église du Santissimo Salvatore, flanquée de l'ancien monastère des bénédictines, forme un ensemble monumental dans le centre historique de Caltagirone : les moniales s'y installèrent en 1457, et le complexe fut reconstruit après le tremblement de terre du Val di Noto de 1693, sans doute sur un projet de l'architecte calatin Nicolò Commendatore.

À voir

La façade baroque est dominée par la travée centrale, qui correspond au tambour et à la coupole octogonaux. Des pilastres géminés en pierre de taille, à chapiteaux corinthiens, encadrent le grand portail et la fenêtre-loggia ; sur l'architrave du passage, décorée de volutes et de feuilles d'acanthe stylisées, trône le blason de l'ordre bénédictin. Plus haut, des chambres de cloches ajourées et un fronton surmonté d'une croix en fer forgé ferment la façade-clocher. À l'intérieur, la salle unique octogonale est revêtue d'un dense décor de stucs. Les trois autels de marbre sont l'œuvre des sculpteurs catanais Giovanni, Ignazio et Carlo Marino ; dans l'hémicycle de gauche, la chapelle de la Madone de Monserrato conserve la statue de marbre sculptée par Antonello Gagini en 1532, tandis qu'en face la chapelle de saint Benoît accueille l'effigie du saint de Nursie. Sur l'autel du chœur, en marbres polychromes, on admire la Transfiguration du Christ peinte par Marcello Leopardi. En 1962 fut réalisé le mausolée de don Sturzo, sur un projet de l'architecte Ugo Tarchi et avec des sculptures de Francesco Nagni : le sarcophage en marbre jaune de Sienne porte la figure de l'homme d'État endormi, entourée des allégories de la Religion, de la Patrie, de la Liberté et du Peuple.

La visite

Décalées par rapport aux autels, quatre tribunes de 1794, fermées par d'épaisses grilles de bois sculpté et peint, rappellent la clôture : les moniales y suivaient les offices sans être vues. Pour ses œuvres, et précisément pour le mausolée, l'église a été inscrite au patrimoine du Fondo edifici di culto. Une partie du trésor — la Madone de Monserrato de Gagini, des argenteries sacrées exécutées entre 1731 et 1797 par des ateliers de Messine et de Palerme, le chœur en bois du XVIIIe siècle des moniales — est aujourd'hui exposée à l'évêché de la curie de Caltagirone.

Le conseil de la rédaction

Le parvis devant l'église s'appelle aussi Largo di San Domenico, du nom de l'église qui lui fait face : en arrivant ici, tu trouves deux édifices sacrés donnant sur la même place. Cherche le blason bénédictin sur le portail avant d'entrer : c'est la signature des moniales qui vécurent des siècles en clôture derrière ces grilles de bois.

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