Via Umberto I, dans le quartier du Borgo à Cefalù, cette église a été construite en 1686 à la demande de monseigneur Pietro Cimino, doyen de la cathédrale et membre du tribunal de l'Inquisition. Le lieu avait déjà un passé dévotionnel : là où s'ouvre aujourd'hui la nef s'élevait autrefois une chapelle dédiée à saint Vit.
C'est un édifice devant lequel on risque de passer sans le voir, tant la silhouette de la ville appartient à la cathédrale normande. Sa fondation en dit pourtant long sur le Cefalù de la fin du XVIIe siècle : un haut prélat de la cathédrale dote d'une église le quartier qui avait poussé le long de la rue principale, hors du noyau le plus ancien.
À voir
La façade est en enduit lisse, avec un décor réduit à l'essentiel ; à l'intérieur, la nef unique est couverte d'une charpente en bois apparente. La sobriété de l'enveloppe sert de contrepoint au véritable motif d'intérêt : un cycle de fresques du XVIIe siècle a survécu à l'intérieur, contemporain de la fondation de l'église ou de peu postérieur.
Regarde aussi le rapport à la rue : l'église donne directement sur la via Umberto I, sans parvis, comme c'était la règle pour les bâtiments insérés dans un tissu de faubourg déjà construit.
La visite
Quelques minutes suffisent, et elles s'intègrent sans effort à une promenade le long de la via Umberto I, entre le centre historique et la ville moderne. Comme beaucoup de petites églises siciliennes, elle n'a pas d'horaires d'ouverture garantis : tu as plus de chances de la trouver ouverte autour des offices. Porte close, la façade et le contexte urbain dans lequel on a glissé cette fabrique du XVIIe siècle restent lisibles.
Le conseil de la rédaction
Le commanditaire, Pietro Cimino, était doyen de la cathédrale : visite les deux édifices dans la même matinée, en partant du duomo puis en descendant vers le Borgo. Le passage des mosaïques normandes du XIIe siècle à cette construction du XVIIe siècle en enduit lisse mesure, mieux que n'importe quel manuel, cinq siècles d'histoire religieuse cefaludienne.
