La construction de la basilique cathédrale de la Transfiguration, connue comme le Duomo de Cefalù, débuta en 1131 par la volonté du roi normand Roger II. La tradition rattache sa fondation à un vœu prononcé après avoir échappé à une tempête en mer, même si le projet répondait aussi à l'intention politique d'élever une église dynastique de plan carolingien-normand. Achevé à l'époque souabe et consacré le 10 avril 1267 par le cardinal Rodolfo, l'édifice associe l'architecture romane d'Europe du Nord à des formes siculo-normandes et byzantines. Monument national depuis 1941, il figure depuis le 3 juillet 2015 au patrimoine mondial de l'UNESCO, dans le circuit arabo-normand.
À voir
La façade est encadrée par deux tours allégées de fenêtres simples et géminées, couronnées au XVe siècle par des flèches différentes : l'une de plan carré, avec des merlons en forme de flamme, symbole de la mitre papale, l'autre octogonale, avec des merlons gibelins, symbole de la couronne royale. Le portique à trois arcades, réalisé au XVe siècle par Ambrogio da Como, protège la Porta Regum et son portail de marbre. À l'extérieur, l'abside centrale conserve de grands corbeaux sculptés de visages zoo-anthropomorphes du XIIe siècle, semblables à ceux du Calvados normand.
L'intérieur en croix latine se divise en trois nefs par seize colonnes de remploi d'époque romaine — quatorze en granit rose et deux en cipolin — surmontées de chapiteaux du IIe siècle apr. J.-C. Le presbytère déploie plus de 600 mètres carrés de mosaïques à fond d'or, exécutées entre 1145 et 1166 par des artisans byzantins venus de Constantinople. La conque de l'abside est dominée par le Christ Pantocrator, qui tient l'Évangile ouvert avec des versets de saint Jean en grec et en latin ; au-dessous figurent la Vierge en prière, les archanges Michel, Gabriel, Raphaël et Uriel, ainsi que les apôtres et les prophètes. Les fouilles ont par ailleurs mis au jour un fragment de mosaïque polychrome du VIe siècle à motifs d'écailles et de rosettes, rattaché à une basilique byzantine antérieure.
Sur le flanc nord s'ouvre le cloître médiéval de plan rectangulaire, situé 3,40 mètres plus bas que le transept, célèbre pour ses colonnettes jumelées et son cycle de chapiteaux sculptés.
La visite
On accède au monument par le vaste parvis surélevé en terrasse, qui servait autrefois de cimetière. À l'intérieur de la cathédrale, la zone du presbytère est accessible et te permet d'observer de près les mosaïques du XIIe siècle ; côté nord, le cloître, restauré en 2003, est ouvert au public.
Le conseil de la rédaction
Devant la façade, prends le temps de comparer les détails de construction des deux tours : la différence des merlons et du plan des flèches du XVe siècle exprime sans détour l'opposition médiévale entre l'autorité de l'Église et le pouvoir temporel.
