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Corridoio Vasariano

📍 Firenze, Toscane · 74/100

Un prince qui a peur de sa ville se construit une route en l'air. En 1565, Cosme Ier de Médicis, duc depuis peu et encore mal vu des Florentins qui avaient perdu leur République, demanda à Giorgio Vasari un passage couvert pour aller du Palazzo Vecchio, siège du gouvernement, au palais Pitti, sa résidence, sans descendre dans la rue. Vasari le bâtit en neuf mois, du 12 mars au 17 décembre, à temps pour les noces de son fils Francesco avec Jeanne d'Autriche : environ 760 mètres de couloir au-dessus des toits, du fleuve et des maisons des autres.

À voir

Le parcours est le monument. On part du deuxième étage du Palazzo Vecchio, on enjambe la via della Ninna, on traverse les Offices et l'on ressort sur le lungarno degli Archibusieri, porté par un portique qui ressemble à un aqueduc romain. Puis le couloir monte sur les boutiques du Ponte Vecchio : pour épargner au duc les mauvaises odeurs, le marché de la viande fut chassé du pont et remplacé par les orfèvres, qui y sont encore. Au-delà de l'Arno, il contourne la tour des Mannelli, parce que la famille refusa de la faire abattre, et passe au-dessus de Santa Felicita avec une tribune d'où les grands-ducs suivaient la messe sans se mêler au peuple. Il finit à Boboli.

Les oculi ronds vers la ville et les fenêtres sur le fleuve sont de Vasari ; les grandes fenêtres au centre du pont remontent à une terrasse ouverte en 1860 pour que Victor-Emmanuel II voie les feux de la Saint-Jean, et non à Hitler comme le dit la légende. En 1944, les Allemands en retraite minèrent tous les ponts de Florence sauf celui-ci, et le couloir resta des jours durant le seul passage entre les deux rives. La bombe de la via dei Georgofili, en 1993, dévasta le tronçon proche des Offices.

La visite

Après huit ans de fermeture, le couloir a rouvert le 21 décembre 2024, vidé de sa collection d'autoportraits, aujourd'hui au premier étage des Offices, et garni de sculptures et d'inscriptions antiques. On le parcourt dans un seul sens, des Offices à Boboli, avec un billet qui s'ajoute à celui de la Galerie et sur réservation ; on ne revient pas en arrière.

Le conseil de la rédaction

Arrêtez-vous à la tribune de Santa Felicita et regardez en bas dans l'église : c'est là que l'on comprend ce qu'était le pouvoir des Médicis, présent et invisible. Puis, sur le pont, penchez-vous à la fenêtre centrale vers Santa Trinita : c'est le même cadrage qu'ont vu un roi et, avant lui, quatre siècles de grands-ducs.

Sur place : visites, billets et expériences

Corridoio Vasariano

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