Le palazzo della Crocetta n'est pas né musée. Au début du dix-septième siècle Giulio Parigi, sur ordre de Côme II, remania et agrandit quelques immeubles des Médicis pour en faire la résidence de la sœur du grand-duc, la princesse Marie-Madeleine, qui souffrait de graves handicaps physiques. Le musée est venu bien plus tard : il fut inauguré en 1870 comme Musée étrusque, en présence de Victor-Emmanuel II, dans un autre bâtiment de la ville, et il s'installa ici une dizaine d'années après, en s'unissant au Musée égyptien, qui existait déjà depuis 1855.
À voir
Les collections réunissent les plus belles pièces issues des fouilles de toute la Toscane, mais aussi du Latium septentrional et de l'Ombrie : trouvailles étrusques et romaines, et une collection de vases grecs dont beaucoup ont été trouvés dans des tombes étrusques, ce qui dit à soi seul combien l'on commerçait en Méditerranée. Parmi les œuvres que personne ne manque il y a la Chimère d'Arezzo, l'Arringatore, le Vase François et l'Idolino de Pesaro. À l'origine de tout se trouvent les collections des Médicis et des Lorraine, transférées ici en plusieurs fois depuis les Offices.
La visite
La section égyptienne a son histoire propre. Elle se forma dans la première moitié du dix-neuvième siècle en partie grâce aux acquisitions de Pierre-Léopold de Toscane, en partie grâce à une expédition voulue par le grand-duc lui-même et menée par le Toscan Ippolito Rosellini avec le Français François Champollion, c'est-à-dire l'homme qui avait déchiffré les hiéroglyphes. Dans le jardin, ouvert au public depuis le début du vingtième siècle, on a reconstruit avec des matériaux d'origine quelques tombes étrusques monumentales prélevées sur le territoire : on marche entre des sépultures remontées pièce par pièce.
Le conseil de la rédaction
Ce musée porte encore les marques de l'eau. Le 4 novembre 1966 la crue le frappa de plein fouet et détruisit le Musée topographique, la section qui racontait les Étrusques à travers les matériaux recueillis dans les fouilles : cette partie n'a jamais été reconstruite. Remettre le reste sur pied a demandé des décennies, et les salles du premier étage n'ont rouvert qu'une quarantaine d'années plus tard. Dans les réserves demeurent plus de cent mille objets pour lesquels le parcours n'a pas de place, et que l'on montre par roulement : c'est un musée qui possède bien plus qu'il ne parvient à montrer.
