⛪ Églises et sanctuaires

Museo di San Marco

📍 Firenze, Toscane · 77/100

Le couvent n'a pas été fait pour les dominicains. L'ensemble fut bâti avant le quatorzième siècle pour la congrégation bénédictine silvestrine, et ses moines y restèrent jusqu'à ce que, une vingtaine d'années avant le passage, on les accusât d'avoir laissé la règle se relâcher et qu'on leur intimât de partir. Il fallut l'intervention directe du pape Eugène IV et le concile de Bâle pour que la structure revînt aux dominicains observants, et cela n'arriva qu'en 1437. En entrant ils trouvèrent un bâtiment délabré : pendant environ deux ans ils vécurent dans des cellules humides et dans des cabanes de bois.

À voir

Puis l'argent arriva. Cosme de Médicis confia la reconstruction à Michelozzo et y investit plus de quarante mille florins, obtenant un ensemble d'une simplicité étudiée : murs enduits de blanc, deux cloîtres, la salle du chapitre, deux réfectoires et une hôtellerie au rez-de-chaussée, et au-dessus les cellules des frères sous une unique grande charpente. Le point le plus haut est la bibliothèque à l'étage, un espace aéré divisé en trois nefs par deux colonnades et couvert en berceau, avec de nombreuses fenêtres pour que la lumière du jour facilite la lecture des manuscrits : Agnolo Poliziano et Pic de la Mirandole y étudièrent les textes grecs et latins réunis par les Médicis. Le couvent faisait partie du même réaménagement du quartier que le palais de la famille et San Lorenzo.

La visite

Dans ces cellules vécut Girolamo Savonarole, qui en fit son quartier général. Devenu prieur, il s'en prit aux mœurs lascives et ostensiblement luxueuses des Florentins ; puis il se mit à dos la curie du pape Alexandre VI Borgia et finit sur le bûcher, place de la Seigneurie, en 1498. Avant lui, et à côté de lui, le couvent avait été la maison de Fra Angelico, d'Antonino Pierozzi et de Fra Bartolomeo : quatre hommes très différents dans le même couloir.

Le conseil de la rédaction

Regardez les tableaux de Fra Angelico en sachant que presque tous sont arrivés ici après coup. En 1922 Giovanni Poggi fit réunir dans ce musée le plus grand nombre possible d'œuvres du peintre, prises surtout aux Offices et à l'Accademia, créant l'exposition monographique que l'on voit encore. C'est le contraire de ce qui s'est produit presque partout ailleurs : au lieu de quitter le lieu pour lequel elles avaient été faites, les œuvres y sont rentrées.

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