Guardiagrele compte 9 367 habitants sur un promontoire des pentes orientales de la Maiella, et c'est le siège du parc national. On a longuement discuté du nom : les érudits du dix-neuvième siècle invoquaient le grec hḕlios, le soleil, et Gabriele D'Annunzio, dans Le triomphe de la mort, parle pour Guardiagrele d'un « très ancien nom solaire ». La philologie plus récente est moins poétique : « Grele » viendrait du marrucin ocris, la hauteur, ou bien d'un nom de personne latin, et « guardia » du germanique warda, le poste de guet. Autrement dit : un guet sur une hauteur.
En 1391 Ladislas de Duras donna à la ville le droit de battre monnaie, pour la remercier de son soutien ; en 1495, quand elle fut inféodée à Pardo Orsini, l'atelier monétaire fut remis en marche et frappa un cavallo au nom du nouveau seigneur. Puis vinrent les pestes, les famines et les tremblements de terre, et en 1799 les troupes françaises du général Coutard assiégèrent la ville et la saccagèrent, tuant 328 habitants. Ce qui est resté, et qui ici ne s'est jamais arrêté, c'est le travail des métaux : à Guardiagrele, avec Agnone, on a commencé à faire la presentosa, le bijou d'or que les femmes des Abruzzes portent les jours de fête.